59,7% ! Mercredi 19 février, après plusieurs heures d’auditions, 59,7% des parlementaires membres des commissions des lois de l’Assemblée et du Sénat se sont opposés à la nomination de Richard Ferrand à la présidence du Conseil constitutionnel. Mais il en fallait 60 % pour qu’elle soit rejetée.
« Nous voterons contre la nomination de Richard Ferrand au poste de président du Conseil Constitutionnel. C’est un proche d’Emmanuel Macron. Le président du Conseil Constitutionnel doit avoir la compétence, l’indépendance et l’expérience. Je crains que Richard Ferrand ne réponde pas à ces 3 critères » avait annoncé Olivier Faure avant le vote des commissions des lois.
C’est l’abstention des député-es RN qui a empêché d’atteindre la barre des 60% de votes contre. Officiellement parce que Richard Ferrand est parvenu à les convaincre de sa bonne foi. Il suffit de revoir l’audition de l’ancien député du Finistère à l’Assemblée pour comprendre que les députés d’extrême-droite n’ont pas pris leur décision sur la base de sa prestation.
Pour les parlementaires socialistes, c’est la crédibilité du Conseil constitutionnel qui est en jeu après ce vote. « On pouvait douter de l’indépendance de Richard Ferrand vis-à-vis d’Emmanuel Macron. On sait aujourd’hui qu’en étant nommé à une voix près, avec l’abstention du RN, sa légitimité est en cause » a résumé Patrick Kanner qui a appelé le président à en tirer les conséquences : Richard Ferrand ne doit pas présider le Conseil Constitutionnel car quelles que soient les prochaines décisions rendues, elles seront entachées de doutes et de suspicions.
Le prochain président du Conseil Constitutionnel ne doit prendre ses fonctions que le 8 mars. Il reste donc quelques jours à Emmanuel Macron pour tirer les leçons du vote des parlementaires et nommer une personnalité plus consensuelle.