Dans la bataille culturelle menée par l’extrême-droite, les communes rurales sont présentées comme une partie du pays abandonnée, le plus souvent opposées aux villes. Les unes n’auraient rien quand les autres auraient tout. « Et pourtant, la réalité est, évidemment, bien plus complexe. On doit parler des ruralités, au pluriel » ont expliqué Stéphane Delautrette, député de Haute-Vienne et Chantal Jourdan, députée de l’Orne pour le lancement du chantier ruralités du Parti Socialiste le 20 février 2025.
Les habitant.es des communes rurales, qui représentent près d’un tiers de la population, sont confrontés à des difficultés spécifiques. Mais chaque territoire a ses particularités et les généralisations empêchent d’apporter des solutions adaptées. Surtout, l’extrême-droite exploite un discours décliniste jouant sur le ressentiment et les peurs alors même que les territoires ruraux disposent souvent d’atouts qui ne demandent qu’à être mis en valeur .
Le chantier que viennent de lancer Stéphane Delautrette et Chantal Jourdan a pour but précisément de présenter une vision objective de la ruralité, bien plus complexe que les caricatures de l’extrême-droite et d’apporter des réponses aux enjeux auxquels le monde rural, en profonde mutation, est confronté. Les travaux vont par conséquent porter, entre autres, sur la présence des services publics sur l’ensemble du territoire, les déserts médicaux ou la lutte contre la fracture numérique,
Répondre aux attentes des habitant.es des zones rurales passe aussi, naturellement, par une politique agricole ambitieuse a rappelé Mélanie Thomin, députée du Finistère et secrétaire nationale aux solidarités de proximité.
D’ici le mois de mai, les secrétaires nationaux concernés (vie associative, fracture numérique, services publics…) la CNAR (commission nationale agriculture et ruralité) et les fédérations vont élaborer des propositions. Des auditions d’experts et de responsables associatifs vont être organisées pour les enrichir.
Fort de son réseau d’élu.es et de militant.es dans les zones rurales, le PS ne doit pas laisser à l’extrême-droite le monopole de la défense de la ruralité qui n’est en fait, pour elle, qu’un prétexte pour diviser les Français.