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samedi 22 janvier
Une loi de contrainte et de défiance

« C’est donc cela, la grande loi républicaine du quinquennat...? » À la tribune de l’Assemblée, Boris Vallaud, au nom du groupe socialiste, a fait part de sa circonspection alors que débutait l’examen du projet de loi confortant le respect des principes de la République. 

Circonspection ne signifie pas rejet total. En effet, plusieurs mesures de ce texte peuvent recueillir l’approbation des Socialistes. Il faut, bien sûr, défendre la laïcité trop souvent attaquée, garantir la neutralité du service public et mieux protéger les agents. Évidemment qu’il faut mieux contrôler les financements des associations culturelles et l’enseignement dispensé par les écoles hors contrats. Bien entendu, des pratiques d’un autre âge, comme la polygamie, les mariages forcés ou les certificats de virginité doivent être proscrits. 

Mais la circonspection laisse rapidement la place à la déception, voire à l’inquiétude. Cette loi concerne pratiquement tous les droits et toutes les libertés constitutionnellement et conventionnellement garantis. Les éléments de langages repris par les représentants de la majorité présidentielle évoquent même « une loi de libertés », faisant ainsi référence aux grandes lois de 1901 ou de 1905. Mais n’est pas Jean Jaurès ou Aristide Briand qui veut. 

Car, même en cherchant bien, on ne trouve aucune liberté nouvelle dans cette loi qui est en réalité une loi de contrainte comme l’a fait remarquer la Défenseure des droits : plus d’un tiers des articles instaurent des procédures de contrôles et plus d’un quart définissent des peines d’emprisonnement. 

« Pour nous, Socialistes, le combat laïque et le combat social sont indissociables », a rappelé Boris Vallaud. « La République doit être laïque et 

La République doit être laïque et sociale 

sociale mais restera laïque, selon la fameuse formule de Jean Jaurès, parce qu’elle aura su être sociale. » 

Il ne suffit pas de multiplier les injonctions à aimer la République. Encore faut-il se donner les moyens d’y faire adhérer tous ses enfants. Or, on ne trouve pas un mot pour la mixité sociale à l’école. Et dans les faits non plus, on ne trouve rien depuis trois ans qui puisse renforcer la mixité sociale à l’école. Au contraire, lorsque les étudiants des universités sont assignés à résidence, ceux des grandes écoles poursuivent leur cursus comme si la Covid n’existait pas. Pourtant, notre école est, sur les plans social, religieux, culturel et scolaire, pleine de ségrégation et de séparatisme. « Comment prétendre construire une nation de semblables et lutter contre les séparatismes quand la promesse d’égalité apparaît frauduleuse dès le plus jeune âge ? », a demandé Boris Vallaud. 

Il en va de même pour le logement alors même que les ghettos, de pauvres ou de riches, mettent à mal l’idéal républicain. Mais on ne sent aucune volonté de faire respecter la loi SRU de la part de ce gouvernement.

Comme le disait Jaurès, la République est avant tout un acte de confiance. Or, c’est un texte de défiance qu’a présenté le ministre de l’Intérieur. 

 

Article publié dans le Capp Finistère n°1342 du 12 février 2021

 




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