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mardi 18 janvier
Les maires veulent des pairs
 
À la question « Qu’attendez-vous de vos sénateurs ? » la réponse des élu.es locaux du Finistère est unanime : « Qu’ils soient nos porte-paroles au Sénat ! ». Et souvent, en complément, ils ou elles ajoutent « Comme l’ont été Jean-Luc Fichet et Maryvonne Blondin durant ce mandat ». 
Durant la courte campagne, les candidat.es de « l’équipe Finistère » iront à la rencontre des grands électeurs pour leur expliquer leur démarche et leur projet. D’abord, rappeler qu’ils méritent d’être protégés car ils et elles sont en première ligne, en particulier en période de crise. Mais les maires n’ont pas toujours les moyens de répondre à leurs administrés. D’autant que les lois s’accumulent, le plus souvent sans évaluation. « C’est la raison pour laquelle, les élu.es que nous avons eu l’occasion de rencontrer sont avant tout méfiants », explique Jean-Jacques Urvoas. 
Ensuite, les six candidat.es vont rappeler que les Sénatoriales sont des élections politiques. Surtout, depuis l’instauration du quinquennat qui a accéléré le temps politique. 
Le Sénat bénéficie d’une bonne côte de confiance de la part des élu.es locaux. « J’ai toujours eu de l’estime pour le travail parlementaire du Sénat », indique Renaud de Clermont Tonnerre, nouveau maire de Plouégat-Guérand. « Dans mes activités antérieures j’ai pu constater qu’on y travaille beaucoup, et calmement », poursuit-il. « C’est sans doute parce que les Sénatrices et les Sénateurs sont le plus souvent d’ancien.nes élu.es qui savent ce que signifie diriger une collectivité locale. On peut presque parler d’un cursus honorum car l’exercice de fonctions électives est la meilleure école de formation pour devenir législateur. » 
Cette expérience est considérée comme l’un des principaux critères pour le choix d’une liste aux Sénatoriales : que les candidates et les candidats, de par leurs parcours, puissent comprendre les attentes et les demandes des élu.es locaux. 
« Heureusement qu’il y a le Sénat », renchérit Gaëlle Vigouroux. « C’est tout de même grâce à lui qu’il y a eu une commission d’enquête sur l’affaire Bennalla ». Face à une Assemblée qui n’est qu’une chambre d’enregistrement, le Sénat joue un rôle de contre-pouvoir. Alors que les députés ont plutôt tendance à écouter les points de vue des experts, les Sénateurs, parce qu’ils sont élus par les grands électeurs, sont les porte-paroles des élus. Les sénateurs sont moins sensibles à la pression des lobbies. Surtout s’ils s’appuient sur un réseau d’élu.es locaux avec lesquels ils dialoguent régulièrement. L’expression « aller à un train de sénateur » se voulait au départ péjorative. Mais, alors que les députés votent dans l’urgence des lois inapplicables ou censurées par le Conseil constitutionnels, elle a plutôt tendance à prendre une connotation positive. 
« Ils doivent aussi jouer un rôle de veille législative et d’alerte », considère Laurent Péron. « En nous prévenant en amont des modifications législatives qui sont susceptibles d’intervenir, nous pouvons, dans nos mairies, anticiper et gagner un temps précieux », précise le maire du Relecq-Kerhuon. 
C’est bien dans les deux sens que le dialogue doit s’instaurer : dans l’écoute des représentants des collectivités mais aussi dans la diffusion d’informations législatives. « Ils doivent être une courroie de transmission », résume Gaëlle Vigouroux. 
 
« Les sénateurs doivent être une courroie de transmission. » 
 
Alors que la loi 3D va être soumise au Parlement, les Sénatrices et les Sénateurs élu.es en septembre vont jouer un rôle déterminant pour écrire un nouveau chapitre de la décentralisation. « Je souhaite que les Sénateurs fassent bien la différence entre la déconcentration que promet le premier ministre et la décentralisation », précise Sébastien Miossec, président de Quimperlé Communauté. « Annoncer que les embauches de fonctionnaires ne se feront plus dans les administrations centrales mais dans les services déconcentrés, ce n’est pas de la décentralisation. Ce qu’il faut, c’est faire confiance aux collectivités locales qui inventent des solutions pour répondre aux attentes de leur concitoyens. On a bien vu que l’agilité, durant le confinement, était clairement de leur côté. » 
 
« Il ne faut pas confondre décentralisation et déconcentration. » 
 
« Heureusement que les sénateurs étaient là pendant le confinement », confirme Florence Crom, vice-présidente de Douarnenez communauté. « Maryvonne Blondin a été à nos côtés et nous a fourni les informations dont nous avions besoin, notamment pour les protocoles à mettre en place pour la réouverture des écoles. Ce ne sont pas les services de la Préfecture qui nous ont indiqué la marche à suivre pour la réouverture des déchetteries. » 
Mais le rôle du Sénat ne se limite pas aux questions institutionnelles et la décentralisation ne sera pas l’unique dossier de ce mandat. « J’attends d’eux qu’ils légifèrent en fonction des attentes des citoyens, loin des pressions des lobbies et qu’ils défendent notre modèle social et nos services publics. » 
Les sénatrices et les sénateurs qui seront élu.es le 27 septembre devront donc tout à la fois être les représentants et les porte-paroles des élu.es du Finistère au palais du Luxembourg, promouvoir une décentralisation ambitieuse, mais aussi aller à leur rencontre dans leurs communes pour les écouter et les informer 
 
article publié dans le Cap Finistère n°1321 du 28 aout 2020
 



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