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mardi 18 janvier
La République jusqu’au bout
Dans son discours de clôture du rendez-vous de la Gauche d’Après, à Blois, Olivier Faure a invité les socialistes à construire ce que Jean Jaurès appelait « La République jusqu’au bout ». « Voilà notre moteur depuis l’origine. Nous savons que la République n’a pas tenu toutes ses promesses et qu’aujourd’hui encore la République ne tient pas ses promesses envers tous ses enfants, tous ses quartiers et c’est justement à nous qu’il revient de rétablir la promesse de la fraternité républicaine, de refaire de cette République un commun, un creuset. Mais rien ne justifie le fait d’établir des listes de soignants Noirs pour les Noirs. La République fraternelle, c’est la possibilité d’être Noir et d’être soigné par un médecin blanc. C’est d’être Blanc et d’être soigné par un médecin noir. C’est d’assurer à chacun d’être soigné. Point ! 
 
« C’est justement à nous qu’il revient de rétablir la promesse de la fraternité républicaine. » 
 
La France de métropole et de nos Outremers est une nation métissée. La France n’a pas de couleur de peau. La France n’a pas de religion. Elle n’a qu’un seul souverain, le peuple citoyen, le peuple civique, le peuple démocratique. C’est pour cela qu’il n’y a pas d’excuse à trouver à des parents qui humilient leur fille en la tondant parce qu’elle a eu l’audace d’aimer un jeune homme qui ne priait pas le même dieu. Parce que la République jusqu’au bout, c’est évidemment l’égalité entre les femmes et les hommes. Et j’ai une pensée pour ces femmes que l’on a érigées en héroïnes pendant le confinement, dans ces professions invisibilisées parce que majoritairement féminines : caissières, auxiliaires de vie, aides-soignantes, infirmières, sages-femmes, assistantes maternelles. La promesse du socialisme c’est celle d’une vie meilleure. Cet objectif n’a pas varié. Mais sa traduction doit évoluer. Nous sommes en passe d’épuiser une planète à laquelle nous demandons plus qu’elle ne peut nous offrir. Nous sommes en train de programmer nous-mêmes l’obsolescence de nos ressources naturelles. Notre vision du progrès elle-même doit évoluer. La liberté de l’homme, sa capacité à réaliser ses aspirations, ne peuvent plus reposer sur un mouvement d ’ a c c u m u l a t i o n ininterrompue des richesses matérielles, tout simplement parce que ces richesses ont elles-mêmes une base matérielle, que cette base, ce sont les ressources de la planète, et que nous avons dépassé ses limites... C’est un défi et une clarification que nous devons aux Français car le pacte social-démocrate a été construit sur une répartition de richesses dont la production était fondée sur l’exploitation sans fin de la planète et de ses ressources. Au cours du siècle dernier, la gauche avait en commun le productivisme avec les capitalistes. Et le débat portait exclusivement sur la répartition du gâteau. C’est terminé ! C’est terminé parce que c’est le gâteau lui-même qui est menacé de disparition. Et parce que les premières victimes de l’anthropocène, ce seront les classes populaires et les générations futures. C’est le sens de notre combat pour le climat, la volonté que nos enfants et leurs enfants après eux, ne connaissent pas les conséquences de notre irresponsabilité. Mais je le dis aussi, notre écologie ne sera jamais la déification d’une nature idéalisée dont il faudrait accepter qu’elle devienne le fondement de notre ordre social. Au bout de cette logique, il y a le darwinisme social. La loi de la nature c’est la loi du plus fort. Et nous avons inventé les droits humains contre cette idée d’un ordre naturel immanent. Nous lui avons opposé un ordre humain toujours en construction. Humaniser au XIXe siècle, c’était sortir des régimes héréditaires et autoritaires. Et le débat qui a structuré cette époque, c’était celui de la démocratie. Au XXe siècle le mouvement ouvrier a imposé la question sociale et Jaurès a opéré la synthèse entre la République et le social. Au XXIe siècle, il y a une nouvelle synthèse à produire. Entre République, social et écologie. Synthèse, pas substitution. La lutte pour le climat n’efface pas la lutte contre les inégalités. Et rien ne se fera sans approfondissement démocratique. Et c’est cette synthèse qui doit nous conduire à construire ensemble un État providence social-écologique.
 
Article publié dans le Cap Finistère n°1322 du 4 septembre 2020
 



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