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vendredi 28 janvier
François Mitterrand et le Finistère

Il y a 25 ans, le 8 janvier 1996, disparaissait François Mitterrand. L’année 2021 sera l’occasion de commérer son action puisque nous célébrerons deux événements marquants de sa carrière : le 50e anniversaire du Congrès d’Épinay de 1971 et le 40e anniversaire de son accession à l’Élysée le 10 mai 1981. 

Dans un siècle de socialisme en Bretagne ( presse universitaire de Rennes) sous la direction de Christian Bougeard, Thierry Gourlay publie un long article sur les sept voyages présidentiels de François Mitterrand dans le Finistère entre 1981 et 1994. Sans avoir l’importance de la Nièvre, des Landes ou de la Charente-Maritime dans la géographie mitterrandienne, le Finistère occupe tout de même une place particulière : c’est à Guimaëc qu’il débarqua en 1944, et son père occupa la fonction de chef de gare à Quimper. 

Président de la République, il effectua sept visites présidentielles et se rendit à Brest, Quimper, Concarneau, l’Aber Wrac’h, Guimaëc. 

« Se déplacer est toujours, pour le Président, le moyen de faire passer un message national », insiste Thierry Gourlay. 

Dès le 24 juillet 1981, le nouveau Président, chef des armées se rend à l’Île longue. « Son objectif est de venir en personne réaffirmer à l’Île Longue, à la Marine nationale, que la doctrine de la dissuasion nucléaire reste bien au cœur de notre système de défense. Ce déplacement était nécessaire car l’élection du 10 mai 1981 avait créé, comme le rappelle Louis Le Pensec, un “ choc dans les états-majors et même un séisme pour toute une partie de l’armée ” ; ceci malgré la conversion du PS depuis les années 1970 à la stratégie de dissuasion nucléaire. Cette visite à bord d’un sous-marin nucléaire lanceur d’engins (SNLE) est donc un geste fort de la part de François Mitterrand ; geste accompagné d’un message relayé par les 70 journalistes qui l’accompagnent : “ La France doit disposer de cette arme qui est l’instrument principal de sa stratégie de dissuasion non pour la guerre, mais pour qu’il n’y ait pas la guerre”. » 

En mai 1985, le Président revient à Brest mais cette fois il n’est plus question de rassurer. C’est vers les États-Unis que regarde le chef des armées et à Ronald Reagan que le message est adressé. Les États-Unis veulent que les Européens s’associent à leur projet de défense spatiale. Or, François Mitterrand s’y oppose fermement. « La défense spatiale ne pouvant, avant un demi-siècle, pour le moins, se substituer au nucléaire, que deviendrait l’Europe entretemps ? Pourquoi sortir d’un équilibre qui garantit la paix depuis quarante ans ? » « Ainsi, ce qui compte avec cette visite, c’est moins l’impact sur le plan intérieur, où le consensus existe globalement sur la dissuasion, que ses retombées sur le plan international. Dans ce contexte, venir à Brest marque la volonté de la France de refuser la “guerre des étoiles” », explique Thierry Gourlay. 

Mais les voyages présidentiels sont aussi l’occasion de faire passer des messages de politique intérieure. Ainsi, en octobre 1985, c’est dans le Finistère qu’il effectue son dernier déplacement avant les élections légitimes de mars 1986, qui, comme tout le monde le pressent, se traduiront par une victoire de la droite RPR/UDF. Et donc une possible cohabitation. Ce voyage est placé sous le signe de « la France qui gagne » dans les domaines de la recherche (Ifremer) et de l’industrie (Bolloré Technologie). Au cours de ce déplacement, François Mitterrand ne perd pas une occasion de tendre des perches aux maires de droite de l’époque, Georges Kerbrat et Marc Bécam, afin de montrer qu’il peut parfaitement discuter avec des élus RPR ou UDF. Et, à Marc Bécam qui lui lui demande de pousser certains dossiers, François Mitterrand lui répond : « Je ne ferai pas le tour, Monsieur le maire, des questions que vous avez traitées. D’abord, elles ne sont pas de mon ressort, mais bien entendu, il importe que j’en sois informé et vous avez eu raison de m’en saisir. [...] Si je m’en tenais au terme exact de la Constitution [...] je dirais que, ce qui est vrai, c’est que c’est au gouvernement de gouverner ». 

En 1994, chacun sait que François Mitterrand effectue une sorte de tournée d’adieux qui lui permet de retrouver les élus socialistes et de leur adresser un dernier message, comme à Saint-Anne-la-Palud pour les Finistériens. Mais, il adresse aussi un message très net à l’ensemble du pays : même affaibli par la maladie, il est et restera, jusqu’à la fin de son mandat, le président de la République. 

 

 

 

 

 

 




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