Accueil > Actualités de la fédération > articles cap Finistère > articles
LES BLOGS
SOCIALISTES
Tous les blogs
RECHERCHE
samedi 22 janvier
Blanquer : ministre autoritaire

 

L’heure de la dernière rentrée du quinquennat Macron a sonné et avec elle, également, celle d’un premier bilan pour le ministre de l’éducation nationale.
Dans une tribune publiée sur le HuffPost, Yannick Trigance, Secrétaire National du PS à l’Éducation revient sur ces quatre années particulièrement éprouvantes pour la communauté éducative.

L’action de Jean-Michel Blanquer rue de Grenelle commence par un mensonge. “Il n’y aura pas une énième loi ou réforme...” avait-il déclaré lors de la cérémonie de passation de pouvoir avec Najat Vallaud-Belkacem. Et pourtant… « En totale contradiction avec ses déclarations de bonnes intentions, le ministre engage aussitôt le démantèlement de la réforme des rythmes scolaires qui, au-delà de ses imperfections, garantissait à tous les élèves cinq matinées de classes hebdomadaires ainsi que l’accès gratuit à des pratiques artistiques, culturelles et sportives : une régression assumée dans la lutte contre les inégalités entre les élèves. » rappelle Yannick Trigance.
« Il supprime de la même manière le dispositif “Plus de Maîtres que de Classes” (PDMQDC) pourtant plébiscité par les équipes éducatives et abandonne la réforme du collège qui visait notamment à remettre de la mixité sociale et scolaire dans les établissements et à proposer une seconde langue à tous les élèves dès la classe de 5ème.
Au final, il y aura bel et bien une loi Blanquer, cette loi de “L’école de la Confiance” très vite renommée “L’école de la défiance” par bon nombre d’acteurs de l’éducation, tant la méthode utilisée tout comme le contenu ont généré, souvent à juste titre, des critiques voire des oppositions. »

Au cours de ces cinq années, on ne compte plus les apparitions médiatiques de Jean-Michel Blanquer.
Mais, souligne le secrétaire national du PS, « derrière l’apparente volonté d’expliquer sa politique éducative, se cache l’implacable technique du fait accompli qui contourne l’ensemble des corps intermédiaires que sont les associations de parents d’élèves, les syndicats enseignants, les acteurs de l’éducation populaire…
La mainmise ministérielle sur la liberté pédagogique des enseignants via la diffusion de guides (“petits livres oranges”) qui resteront dans les mémoires s’étend jusque dans les différentes strates de l’Institution avec des personnels régulièrement amenés, souvent au prix de leur autonomie et de leurs conceptions éducatives, à faire passer les réformes descendantes du ministre, ce qui aboutira en mai 2020 à la publication inédite d’une tribune d’une quinzaine de hauts fonctionnaires de l’Education nationale dénonçant l’autoritarisme du ministre Blanquer. » Au point que la devise du ministre pourrait être : “j’ai raison mais vous ne le savez pas encore”.
Le passage de Jean-Michel Blanquer au ministère de l’éducation national se terminera surtout par une gestion pour le moins chaotique de la crise sanitaire.
« Le 15 mars 2020, sur toutes les radios, sur tous les plateaux télé et dans tous les journaux, Jean-Michel Blanquer déclare au sujet de la crise de la Covid-19 et des mesures à prendre dans les écoles, collèges et lycées : “Nous sommes prêts”.
La réalité des faits et du vécu dans les établissements balaiera les éternelles déclarations ministérielles d’auto-satisfaction.
Uniquement préoccupé par la non-fermeture des écoles au détriment de la protection sanitaire des équipes éducatives (avec un refus réitéré de vacciner les enseignants pourtant en première ligne), des élèves et des familles, le ministre a géré la crise sanitaire à coups de protocoles jamais co-construits, constamment modifiés, toujours imposés et qui ont régulièrement placé les cadres intermédiaires de l’éducation nationale, les enseignants, les élèves, leurs parents et les collectivités dans des situations d’urgence et dans des contraintes sans cesse renouvelées. »
Au final, pour Yannick Trigance, le “quinquennat Blanquer” restera marqué par l’hyper-fragilisation de notre École en termes de moyens, de caporalisation des personnels, d’aggravation des inégalités et de suppression de tout dialogue social avec les enseignants comme avec les familles. « Pour 2022, il est grand temps de tracer un nouvel horizon pour l’École de la République, il est grand temps de rendre enfin accessible une École qui tienne la promesse républicaine de démocratisation de la réussite, autour d’orientations et de valeurs qui portent un véritable projet de société. »




Partager Publier sur twitter