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vendredi 4 décembre
Un haka parlementaire
Avec la Commission spéciale chargée d’examiner la réforme des retraites, le conflit se joue sur un nouveau terrain. Si les députés socialistes et apparentés utilisent ce temps pour avancer leurs propositions et mettre en exergue les contradictions, souvent criantes du gouvernement, ceux de la France insoumise ont plutôt misé sur l’obstruction parlementaire allant jusqu’à déposer plusieurs milliers d’amendements. Dans une Tribune publiée dans Le Parisien, Jean-Jacques Urvoas a expliqué les arrières-pensées des amis de Jean-Luc Mélenchon, mais aussi de ceux d’Édouard Philippe. Car cette stratégie profite autant à l’un qu’à l’autre. Jean-Luc Mélenchon, en déposant près de 20000 amendements, n’a cherché qu’à apparaître comme le principal opposant au projet du gouvernement alors même qu’il sait très bien que cette méthode pourrait, au mieux, retarder de quelques jours l’étude du texte. Ou alors pousser le gouvernement à utiliser le 49.3. En outre, l’enlisement des travaux permet de masquer la fragilité des contre-propositions de la France insoumise. La majorité présidentielle a beau jeu de crier au scandale et à l’obstruction. Mais elle sait très bien que la Commission spéciale ne dispose que d’un temps limité et, en outre, l’ampleur de l’obstruction renforce la solidité du groupe majoritaire. « Cette convergence d’intérêts garantit une étude heurtée du projet. Mais finalement cette obstruction n’est qu’un “haka parlementaire” », résume Jean-Jacques Urvoas. Et ce n’est pas parce que les All Blacks ont l’air effrayants qu’ils remportent tous leurs matches. De leur côté, les députés socialistes préfèrent pointer les contradictions ou les « omissions » du gouvernement. C’est notamment autour de la question de l’âge ou plutôt de la date de naissance des salariés concernés par le projet de reforme qu’ont porté les discussions. Le gouvernement avait annoncé que seuls les salariés nés après 1975 seraient concernés par le projet. Sous-entendu : les Françaises et les Français qui sont nés avant cette date n’ont aucune raison de faire grève et n’ont rien à faire dans les rues les jours de mobilisation nationale. Cependant, en creusant un peu la question, les députés socialistes se sont rendus compte que l’affaire n’était pas aussi simple. « Pour les générations nées avant 1975, nous avons obtenu, lors de la séance des questions au gouvernement d’hier, un commencement de réponse de la part du premier ministre », a annoncé Boris Vallaud. « Contrairement à ce qui a été affirmé, ces générations seront bien concernées par la réforme des retraites. Certes, elles n’y gagneront rien, mais cela ne leur est pas propre ; ce qui leur est spécifique, c’est qu’elles vont voir leur assiette et leur taux de cotisation évoluer sans bénéficier pour autant de nouveaux droits. »
 
Article publié dans le Cap Finistère n°1299 du 14 février 2020
 



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