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mercredi 12 août
Seul en campagne
Avant même l’ouverture des bureaux de vote, on connaît déjà les résultats des élections municipales dans 64 communes de plus de 1 000 habitants dans le Finistère où une seule liste s’est déclarée. 
Si ce phénomène est particulièrement important cette année, (23 % des communes du Finistère) il n’est pas totalement nouveau. Mais il s’est fortement accentué depuis 2014, puisqu’à l’époque il ne touchait que 46 communes. 
Surtout, il concerne, pour le scrutin de cette année, des communes comme Trégunc (26e commune la plus peuplée du Finistère) qui comptent plus de 7 000 habitants, Saint-Martin-des- Champs (4 500 habitants), Riec-sur- Bélon (4 300 habitants), Plouvien (3 700 habitants) ou Saint-Thégonnec Loc-Eguiner (3 000 habitants). 
À Saint-Thégonnec Loc-Eguiner, Solange Creignou, tête de liste et candidate à sa succession, mène campagne comme si de rien n’était. « Nous le devons aux électrices et aux électeurs », explique-t-elle. « Nous travaillons sur notre projet depuis le mois de décembre et nous déroulons notre campagne comme s’il y avait deux listes. Nous nous sommes répartis en treize binômes, composé d’un.e élu.e sortant.e et d’un ou une nouvelle pour aller en porte-à-porte, à la rencontre de tous les habitants de la commune et leur présenter notre programme et les candidats », explique -t-elle. « En plus c’est une excellente manière pour les nouveaux élus de connaître la commune et ses habitants. » 
« Nous menons notre campagne comme s’il y avait deux listes. » 
« Une telle situation ne s’est pas vue dans notre commune depuis au moins trente ans », rappelle Sébastien Miossec, maire sortant de Riec-sur-Bélon et candidat à sa succession. 
« Nous aurions préféré que les Riécois puissent avoir le choix entre deux projets, même si nous estimons évidemment que nos propositions sont les meilleures possibles. Nous aurions également préféré que des élus d’une autre liste siègent à nos côtés en Conseil municipal, pour enrichir constructivement nos échanges. » 
La présence d’une seule liste aux Municipales signifie-t-elle la fin de la démocratie communale ? Certainement pas. D’une part, parce que les têtes de listes concernées vont être d’autant plus vigilantes à associer l’ensemble des habitants à l’élaboration de leur projet. Même si la démocratie participative se situe toujours parmi les priorités des listes de gauche. 
« Cette absence de “ concurrence ” nous laisse penser qu’une très large partie des Riécois est satisfaite du travail réalisé et de l’équipe en place. Nous avons tenu nos promesses, nous restons en permanence à l’écoute : cela explique aussi certainement le fait de n’avoir qu’une seule liste. » Même son de cloche dans le Léon. « Au cours de ce mandat, les conseillers d’opposition ont souvent voté nos projets », rappelle Solange Creignou. 
D’autre part, si le nombre de communes à une seule liste a progressé entre 2014 et 2020, on constate que ce ne sont pas les mêmes qui sont concernées. Certes, trente communes n’avaient déjà qu’une liste en 2014 et n’en ont toujours qu’une en 2020. Mais on constate que dans seize cas, 2014 n’a été qu’un « accident » puisqu’au moins deux listes se présentent cette année. C’est notamment le cas au Folgoët, avec une seconde liste menée par Olivier Berthelot, à Plogoff ou à Plomodiern. 
Au total, si on enlève les 64 communes à une seule liste et les 80 qui n’en ont que deux, il ne reste mathématiquement que 37 seconds tours potentiels.
 
Article publié dans le Cap Finistère n°1303 du 20 mars 2020
 



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