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mardi 10 décembre
Pot de terre contre pot de fer
 
Les sénateurs socialistes se sont opposés au projet de loi pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire (EGALIM). C’est bien la majorité En marche qui a fait preuve de sectarisme en refusant systématiquement les propositions d’amendements et surtout en défendant un texte sans souffle et sans ambition. Et pourtant, au départ, un consensus aurait pu être trouvé. Le lancement des États généraux de l’alimentation en juillet 2017, avait suscité des attentes fortes du côté des producteurs mais aussi des consommateurs. En effet, l’ambition de réunir autour d’une même table l’ensemble des acteurs du monde agricole et agroalimentaire, afin de trouver des réponses au problème central de la répartition de la valeur ajoutée, ne pouvait être que saluée. Mais, après les grands discours, il ne reste pas grand-chose de concret pour améliorer le pouvoir d’achat des agriculteurs.
En effet, le gouvernement et sa majorité se sont obstinés à refuser que les indicateurs de construction des prix - pourtant essentiels dans leur dispositif - soient validés ou proposés par un organisme public, en l’occurrence l’Observatoire des prix et des marges.
Ils ont finalement laissé aux interprofessions agricoles l’initiative de ces indicateurs, grâce à la ténacité de certains parlementaires notamment du groupe socialiste. Malheureusement, en cas d’échec des négociations, il reviendrait à la grande distribution et aux industriels de le faire. « Ce sera une fois de plus 
le pot de terre contre le pot de fer et rien ne changera », a déclaré Franck Montaugé, sénateur socialiste du Gers. Sur les autres dispositions de ce texte, les reculs ont été nombreux : refus d’inscrire l’interdiction du glyphosate dans la loi, grâce aux votes, notamment de la députée LREM de la 5e circonscription du Finistère, Graziella Melchior, ou de Richard Ferrand, rejet des propositions socialistes pour une politique alimentaire plus ambitieuse et surtout rejet de la création d’un fonds d’indemnisation pour les victimes des produits phytosanitaires, issu d’une proposition de loi socialiste de Nicole Bonnefoy. « Le rejet de ce fonds d’indemnisation relève d’une posture politicienne indigne, car les malades n’ont plus le temps d’attendre. Il se peut même qu’un jour, ils engagent la responsabilité de l’État », a indiqué la sénatrice. Les sénateurs socialistes continueront à se mobiliser pour les revenus et la santé de nos agriculteurs. Ce combat se poursuivra dès le projet de loi de finances pour 2019 dans lequel le gouvernement a annoncé la suppression du dispositif TODE, pourtant essentiel pour des pans entiers de notre agriculture, et particulièrement ceux qui génèrent le plus d’emplois.

 

Article publié dans le cap Finistère n°1241 du 5 octobre 2018

 



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