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vendredi 17 janvier
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C’est maintenant qu’il faut agir pour le climat. À l’Université de la Rochelle, les socialistes et leurs partenaires ont consacré de nombreuses réunions, débats et ateliers à ce défi qui ne pourra être relevé que collectivement.
Le réchauffement climatique est incontestablement le fruit des activités humaines. Certes, notre planète a connu, depuis 800 000 ans, des périodes de glaciation et de refroidissement. Et les climato-sceptiques ont beau jeu de rappeler que le climat est cyclique et que notre planète a déjà connu des périodes de réchauffement mais aussi de glaciation. Mais jamais dans de telles proportions. Alors que les variations portaient sur quelques dixièmes de degrés, nous sommes aujourd’hui confrontés à un réchauffement de plusieurs degrés. Et nous savons que les activités humaines sont responsables à 95 % de ce réchauffement. « Les catastrophes climatiques se répètent de plus en plus souvent », a insisté Pierre Larrouturou. Les canicules qui se produiront dans trente ans pourront atteindre les 50°. L’homme peut survivre à une canicule tous les quinze ans. Mais nous devons nous préparer à en subir tous les deux ou trois ans. Très concrètement, le réchauffement climatique se traduit par des baisses de rendement agricole, en particulier en Afrique. Le nombre de réfugiés climatiques pourrait atteindre 140 millions de personnes. « Les Maliens parlent même de “ Sida climatique ” tant les répercussions du réchauffement peuvent avoir des conséquences désastreuses. »
Si l’homme est responsable du réchauffement, cela signifie qu’il peut aussi inverser la tendance. Mais à condition d’agir rapidement et énergiquement. Car, le climat est entré dans un cercle vicieux qui accentue les phénomènes de réchauffement. Les incendies qui frappent la forêt amazonienne, les États-Unis ou l’Afrique en sont un bon exemple : le réchauffement provoque des sécheresses qui favorisent les incendies et donc la disparition de la végétation qui accentue à son tour le réchauffement. Il est urgent de briser cette spirale infernale en donnant un coup d’arrêt à la déforestation et en aidant les pays concernés à entretenir leurs forêts.
 
« Nous devons placer la question climatique au coeur de toutes nos politiques publiques. »
 
Alors que faire ? « Nous pouvons tous agir à notre échelon, communes, départements, régions, États et Europe », a estimé le député européen, Éric Andrieu. Mais, tout le monde ne semble pas avoir encore pris la mesure de l’urgence. Les moyens financiers à mobiliser sont colossaux. Or, la majorité des chefs d’États et des dirigeants européens restent attachés aux dogmes libéraux et cherchent par tous les moyens à réduire les budgets. Pour résumer, nous avons un Conseil européen qui tient de beaux discours mais n’agit pas, une Commission sans réels pouvoirs et un Parlement atomisé. 
« Dans ce contexte, nous devons faire preuve de radicalité et renverser la table en plaçant la question climatique au coeur de toutes nos politiques publiques », s’est exclamé Éric Andrieu à La Rochelle.
« Nous savons ce qu’il faut faire pour inverser la tendance », confirme Pierre Larrouturou. « Nous devons agir pour l’isolation de nos bâtiments, changer nos habitudes de transports, mettre fin à l’obsolescence programmée et modifier nos habitudes alimentaires ». Mais cela nécessite de lourds investissements pour accompagner ces transitions. La Cour des comptes européenne évalue à 1 100 milliards le montant des investissements nécessaires en Europe. « À peu près le montant que l’UE a débloqué pour sauver les banques après la crise de 2008. » 
Cela nécessite des choix politiques courageux pour réunir cette somme. Ainsi, il est temps que l’Europe mette fin au dumping fiscal et que tous les pays s’accordent sur le même taux d’impôt sur les sociétés. « Aux États-Unis aussi, dans les années 30, les différents États se concurrençaient en baissant leurs taux d’imposition. Roosevelt a su imposer un taux fédéral à 38 % », a rappellé Pierre Larrouturou.
Et pourtant une forte mobilisation est possible. En Espagne, le gouvernement de Pedro Sanchez a pris le taureau par les cornes. « Il n’existe pas de parti écologiste en Espagne et ce sont les sociaux-démocrates du PSOE qui mènent une politique volontariste avec pour objectif de parvenir à une société neutre au carbone en 2050 », a expliqué Javier Moreno Sánchez, député européen, président de la délégation du PSOE au Parlement européen.
Pour y parvenir, 236 milliards ont été programmés sur dix ans. « Le gouvernement travaille avec les collectivités locales et la société civile pour faire comprendre les enjeux et faire partager cette volonté politique. » 
Contrairement à ce que prétend Emmanuel Macron, les mobilisations citoyennes doivent se poursuivre, en France et pas seulement en Pologne. Car aujourd’hui, comme l’a résumé Éric Andrieu, entre les discours et les actes, en France et en Europe, « il y a loin de la coupe aux lèvres ».
 
Article publié dans le Cap Finistère n°1282 du 27 septembre 2019
 



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