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mercredi 11 décembre
Ni effacement, ni isolement
Les socialistes étaient, le week-end dernier, de retour à La Rochelle. Pas pour renouer le fil d’une vieille tradition, malheureusement rompue pendant deux ans et refaire « comme avant », mais pour inventer une nouvelle manière de se retrouver, d’échanger, de débattre. 
Pour certains, il faut tout changer pour qu’au final rien ne change. Au PS, c’est l’inverse : on ne change pas le décor, l’espace de l’Encan à La Rochelle où se sont écrites tant de pages, plus ou moins glorieuses, de l’Histoire du PS, mais l’ambiance et l’état d’esprit n’ont rien à voir avec les anciennes universités d’été. 
Ainsi la traditionnelle allocution de clôture du dimanche s’est transformée en « brunch » militant au cours duquel Olivier Faure et les secrétaires nationaux ont répondu aux questions et aux interpellations des adhérents. Éducation, place des personnes en situation de handicap sur nos listes aux Municipales, rapports avec nos partenaires de gauche… 
C’est le samedi en fin d’après-midi, après deux jours de débats et d’ateliers, que le Premier secrétaire a pris la parole pour donner le ton de la rentrée des socialistes qui ne se résignent pas au fatalisme, même dans une période particulièrement difficile, tant sur le plan national qu’international. 
Au même moment, se tenait, plus au sud, sur la côte basque, le sommet de l’hypocrisie. Hypocrisie car comment les plus grandes puissances, où les inégalités progressent le plus rapidement, peuvent-elles décemment prétendre donner des leçons en matière de redistribution ? « Ça ne ruisselle pas, ça s’évapore », a-t-il résumé. 
Il a fallu que la forêt amazonienne brûle pour qu’Emmanuel Macron émette des réserves sur le projet de traité commercial avec le Mercosur. Mais avant même ces incendies la déforestation de l’Amazonie était contenue dans ce projet. 
« J’ai honte ! », s’est indigné Olivier Faure. Les grandes puissances européennes ne sont pas à la hauteur lorsqu’elles refusent d’accueillir les réfugiés qui se noient au large de nos côtes et lorsqu’elles font passer pour un exploit l’accueil de quelques dizaines de rescapés. 
« Le libéralisme mondialisé est toxique pour les hommes et pour l’environnement », a rappelé Olivier Faure qui a alerté les socialistes sur le faux débat croissance/ décroissance. Ce n’est pas ainsi qu’il faut poser les enjeux. Il faut plutôt tendre vers la sobriété. 
Seule la gauche, en apportant de la régulation et du partage, pourra inventer ce modèle alternatif. 
Mais face aux défis à relever aucune formation politique de gauche ne peut prétendre détenir, à elle seule, la solution. Les socialistes, pendant de nombreuses années ont cru qu’il l’avait. Il y a quelques années, la France Insoumise a espéré l’avoir. Et aujourd’hui EELV a la tentation de le croire. Mais en réalité, sans l’union, toutes les forces de gauche ne parviendront pas à bâtir le contre-modèle, alliant la démocratie, le social et l’environnement, qu’il est urgent de bâtir. « Chacun de nous, à gauche, détient une part de la solution ». Car les crises sociales et environnementales sont liées. Et ce sont toujours les plus fragiles les premières victimes. Ce sont les enfants qui souffrent de maladies respiratoires mais dont les familles n’ont pas les moyens de déménager. Ce sont les riverains de zones inondables qui perdent leurs maisons. Ce sont les ouvriers qui fabriquent des carters de moteurs diesel qui perdent leur emploi. 
« Les questions écologiques et sociales sont liées et c’est à nous, la gauche, d’apporter des réponses qui prennent en compte toutes les dimensions », a insisté Olivier Faure. 
Le chemin existe mais il se heurte toujours aux égoïsmes des tenants du libéralisme qui sont prêts à tout pour maintenir le niveau de leurs profits. 
Et le Parti Socialiste ? Pour Olivier Faure, il doit évoluer, il ne peut plus faire « comme avant ». « Ni effacement ni isolement ». Cette formule résume bien l’état d’esprit dans lequel le PS aborde la rentrée. 
Ni effacement car le PS, troisième force parlementaire du pays, n’a pas à rougir de l’action de ses élu.es et de ses militants. Bien au contraire. 
Mais, ni isolement non plus car, compte tenu des enjeux, il doit être unitaire. « La division conduit à l’échec, irrémédiablement », a rappelé le Premier secrétaire. À chacun maintenant de prendre ses responsabilités.
 
Article publié dans le Cap Finistère n°1278 du 30 aout 2019 
 
 
 



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