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dimanche 29 novembre
Ne nous divisons pas !

Le 21 octobre, des milliers de personnes se sont retrouvées dans le Finistère pour rendre hommage à Samuel Paty. 

Voici le texte de l’allocution prononcée à Brest, sur la place de la Liberté, au nom de la ligue des droits de l’Homme. 
 

 

« Vendredi soir, après son dernier cours, Samuel Paty, professeur d’Histoire-Géographie a été sauvagement assassiné, décapité à quelques pas de son collège.

 

Nos pensées vont d’abord à sa famille, à son petit garçon de 5 ans. Elles vont à ses amis, à ses collègues et à tous les personnels de l’Éducation nationale qui ont sans doute plus que d’autres ressentis cette terrible douleur. Nous la partageons.

 

Il est mort par la main d’un fanatique. Il est mort, par la main d’un barbare de cet islam radical qui répand la terreur au nom d’une idéologie obscurantiste, avec laquelle aucun dialogue n’est envisageable, avec laquelle aucune concession ne doit être faite.

Par son geste, cet assassin jette l’opprobre sur une religion et des musulmans, nos concitoyens, nos voisins, nos amis qui n’aspirent qu’à vivre leur foi en paix au sein de la République qui est par essence respectueuse des libertés religieuses. Désignons, nommons les criminels. Ce sont ceux qui au nom d’une croyance veulent imposer leur loi à tous et par tous les moyens mêmes les plus horribles.

 

Ne nous divisons pas, le criminel ce n’est pas l’étranger, le demandeur d’asile ou le musulman.

Encore une fois c’est l’islamisme radical.

Ne nous divisons pas, les dangers de la stigmatisation qui commence par l’amalgame sont à l’œuvre. Ces écueils sont mortifères pour notre société. Les démocraties qui ne les évitent pas glissent dangereusement vers des régimes autoritaires.

 

Le nom de Samuel Paty vient donc s’ajouter à la terrible liste des victimes. Parce qu’ils étaient juifs, journalistes, dessinateurs, policiers, prêtre ou tout simplement heureux d’assister à un concert ou boire un verre entre amis ils ont été impitoyablement abattus. En assassinant Samuel Paty c’est cette fois l’école laïque qui est visée.

 

Cette école dont la mission fondamentale est de former des citoyennes et des citoyens, des êtres libres et conscients se construisant dans le respect des autres.


Cette école où l’on apprend à vivre ensemble quelles que soient nos origines, nos croyances, nos orientations sexuelles. 


Cette école de la liberté, de la tolérance et de l’égalité entre les filles et les garçons.

 

Cette école de la république, laïque et ouverte à tous, elle est l’outil premier et fondamental dont nous disposons pour faire vivre nos valeurs républicaines.


Cette école est en première ligne dans ces combats. Donnons lui les moyens réels de travailler.

 

Les personnels de l’éducation doivent se sentir soutenus aujourd’hui et plus encore demain pour qu’ils puissent remplir leur mission émancipatrice dans les meilleures conditions auprès de tous les enfants sans distinction d’origines d’appartenance religieuse ou de statut social .

Les idéologues qui ont armé le bras de l’assassin sont toujours là, à l’œuvre. Ils profitent bien souvent du terreau de la pauvreté et du sentiment d’abandon que ressentent nombre de nos concitoyens pour entraîner des jeunes hommes ou des jeunes femmes à adopter une vision obscurantiste du monde où les libertés n’ont pas leur place.

 

Pour combattre ces prêcheurs de la haine, la République doit offrir plus de protection aux plus démunis. Si les opérations de renseignement et police ont toute leur place dans ce combat ; elles se feront en pure perte si l’accès à une vie décente, aux services publics, à la culture et à une éducation de qualité n’est pas garanti pour tous.


La compassion et l’émotion ne suffiront pas dans ce combat vital pour notre démocratie et la défense de nos valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité et de solidarité. Ce combat doit être mené par tous, inlassablement, élus et citoyens. Ce combat, nous le devons à la mémoire de Samuel Paty.


Nous lui en sommes redevables. »




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