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samedi 18 janvier
Le socialisme de 1958 à 1969

1- Le retour de De Gaulle
C'est le temps des épreuves et des ruptures. La politique algérienne du gouvernement Mollet, les événements d'Algérie et le retour au pouvoir du général De Gaulle, que Mollet finit par cautionner créent au sein du parti des tensions majeures qui vont conduire à l'éclatement.

Artisan de la reconnaissance du droit du peuple algérien à l'indépendance, profondément hostile, non à la personne, mais aux manœuvres du général De Gaulle et au système qu'il entend construire, Tanguy-Prigent exprime fortement son double refus, à De Gaulle, à la Chambre, il parle au nom des 49 députés socialistes qui lui refusent l'investiture, à Guy Mollet, qui l'a acceptée et préparée. Le congrès fédéral approuve l'attitude de Tanguy tout en adoucissant les termes d'une motion présentée par R. Gravot mais, considérée comme trop dure envers G. Mollet.
Dès le 15 juillet 1958 Tanguy-Prigent quitte le comité directeur sans toutefois quitter le parti.

2- Le référendum
La bataille se cristallise alors autour du référendumo constitutionnel d'automne 58. Faut-il voter Oui ou Non au projet présenté par De Gaulle ?
Mollet et la majorité du parti sont pour le Oui (congrès d'Issy-les -Moulineaux). Dans le Finistère, au congrès fédéral de Châteaulin, les socialistes, en accord avec leurs parlementaires se prononcent nettement contre : 181 mandats à 57 ? Tanguy-Prigent, Gravot, Mao participent même à des meetings communs avec les communistes. D'où le mécontentement des minoritaires qui, avec l'appui national, essaient de reprendre la fédération en mains, et s'appuient sur le vote largement majoritaire -à 82 %- du département en faveur du Oui.

3- Les législatives de 1958
Celle-ci ont lieu, dans le cadre du nouveau scrutin uninominal majoritaire d'arrondissement en novembre 1958 ? Les candidats socialistes défendent l'idée de la paix en Algérie, dénoncent le fascisme et rappellent le bilan social du Front républicain (3eme semaine de congés payés). Le résultat est catastrophique. Au 1er tour les scores vont de 12,4 % à 29 % ; mais Tanguy-Prigent est battu (par le docteur Le Duc de Morlaix) et R. Gravot échoue de 31 voix à Brest. En tête à Brest même avec 952 voix, il est devancé sur Bohars, Gouesnou et Guilers de 983 voix. Pour la 1ere fois depuis bien longtemps le Finistère ne compte aucun député socialiste.

4- L'éclatement
Tanguy-Prigent qui s'est battu "magnifiquement" selon les termes de Gravot, s'oppose au 1er secrétaire G. Mollet. Il lui demande de démissionner pour permettre la rénovation du socialisme au sein de la SFIO, refusant dans un premier temps de suivre ceux qui créent le PSA (parti socialiste autonome). Mais il franchit le pas en octobre 59 et, derrière Mendès France, adhère au PSA puis au PSU. Dans une lettre du 6 décembre 1958 à M. Deixonne, dans laquelle il commentait les élections R. Gravot évoquait déjà las conséquences tragiques qu'auraient pour la SFIO départementale le départ de Tanguy-Prigent. "S'il s'en va, il n'y aura plus de Fédération socialiste SFIO du Finistère mais des groupuscules locaux, qui ne tiendront pas longtemps. Je ne pourrai pas, à moi tout seul, empêcher cette décomposition". Bel exemple de lucidité politique et de justesse d'analyse. La SFIO ne cessera en effet de s'étioler ; ses candidats font 5,74 % des voix en 1962 et si le score de 1967 est meilleur, 8,75 %, c'est dans le cadre de la FGDS (Fédération de la gauche démocratique et socialiste, avec fusion des voix radicales et socialistes). En 1969, la SFIO compte 5 adhérents sur Brest !
Quant au PSU il sera le seul parti de la gauche à envoyer un député à la chambre : Tanguy-Prigent de nouveau en 1962 et R. Prat en 67, après le retrait de T. Prigent, mais en dehors de quelques bastions le PSU fait un score modeste sur l'ensemble du département (un peu plus de 4 %). Toutefois il attire un certain nombre de militants, explore de nouvelles pistes, développe de nouvelles synthèses qui porteront leurs fruits plus tard, comme cette rencontre en 1961, de "chrétiens non cléricaux" et de "camarades libérés du cléricalisme stalinien", que T. Prigent se félicitait de trouver au sein du PSU (dans une lettre à M. Berlivet syndicaliste brestois, chrétien militant à la C.P.T.).




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