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mercredi 14 avril
Le combat contre l’illectronisme doit être une priorité

 

La crise sanitaire, qui a entraîné un confinement mondial, a vu l’explosion des usages du numérique. Le télétravail et le numérique éducatif ont utilisé le numérique pour la continuité économique et pédagogique quand l’explosion des plateformes de vidéos à la demande et l’usage des réseaux sociaux ont eu recours au numérique pour le divertissement, la culture, les loisirs et le lien social.

 

Indéniablement, le numérique a contribué à entretenir voire à tisser des liens virtuels entre les individus mais a aggravé les inégalités déjà bien creusées avant la crise du Covid-19.

Comment télétravailler ou poursuivre une scolarité sans accès au numérique, soit par manque d’équipement soit par manque de savoirs dans son usage ? Le développement des nouvelles technologies permet d’apporter toujours plus de services en ligne dans nos quotidiens mais, malheureusement, cela s’accompagne parfois de baisses de l’offre de services publics, oubliant alors que ces derniers se doivent d’être universels et accessibles à tous.

Ces technologies numériques ne s’inscriront dans une démarche de progrès sociétal qu’à condition qu’elles considèrent plus fortement la question de leurs usages. Souvent conceptualisées sous la formule de « fracture numérique », ces inégalités sont pourtant beaucoup moins binaires qu’une simple fracture. Cette dernière sous-entendrait qu’il y a ceux qui sont dans le numérique et ceux qui sont hors du numérique. La réalité est plus complexe tant les usages sont variés et existent des niveaux différents d’acculturation et d’appropriation du numérique.

Le Défenseur des droits le rappelle régulièrement, le combat contre l’illectronisme doit être une priorité pour les responsables publics, garants de la qualité des services aux publics. Un accompagnement des nombreuses associations qui œuvrent pour l’inclusion et la médiation numérique semble indispensable. Il ne suffit pas de renommer les Maisons de services au public (MSAP) en Maisons France service pour considérer que le sujet est clos, mais bien d’engager l’action publique en complémentarité des évolutions du numérique via des plans massifs de formation des agents au contact du public. Face aux urgences numériques, à l’accès aux droits devenu difficile sans l’accès au numérique, l’accompagnement de toutes et tous dans les démarches n’est pas simplement un enjeu de progrès sociétal mais avant tout d’une égalité dans l’accès aux droits.

En cette période de crises, environnementale depuis de nombreuses années, sanitaire depuis quelques semaines, économique dans les prochains mois, la problématique posée est celle de la résilience collective. Notre modèle de société doit s’adapter par une évolution de nos rapports aux biens matériels, aux services et entre individus. Cette résilience collective doit se bâtir sur l’émergence de nouvelles solidarités et le renforcement des existantes, sur un engagement permanent dans la continuité et l’accessibilité des services publics, le tout reposant sur un lien social qu’il convient de renforcer jour après jour. Les situations parfois traumatisantes du confinement ont révélé que le numérique ne pouvait pas répondre à tout. Certes, l’e-commerce, l’e-culture voire même l’e-sport ont permis de poursuivre des pratiques habituelles, par le canal virtuel, mais quid des interactions humaines ? Le retour sur son lieu de travail, les retrouvailles familiales et amicales ont bien démontré qu’une chose ne pourra jamais être remplacée par le numérique : le contact humain. Faisons donc collectivement le pari de recentrer nos attentions sur l’élément fondamental qui constitue notre vie en société : l’humain !

Ce nécessaire retour à l’humain est également une des clés de la réussite des transitions. Ces dernières, qu’elles soient environnementale, démocratique ou encore numérique passent par des approches globales pour assurer une cohérence dans les politiques menées. À ce titre, une utilisation des technologies numériques grandissantes sans considérer l’impact environnemental de ces dernières serait une erreur. L’investissement et l’engagement collectif dans des plans de sobriété et d’inclusion numérique permettront que le numérique de demain soit celui qui inclut et non qui exclut, frugal et responsable sans quoi ce qui semble faire progresser la société pourrait se révéler néfaste pour l’humanité.

Tribune de Kévin Faure, Conseiller départemental du Finistère délégué au numérique, publiée le 9 juillet dans le Télégramme.




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