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vendredi 14 août
La santé : l’affaire de tous.
L’ensemble des personnels de santé se sont mobilisés pendant le confinement, il est normal qu’ils perçoivent la même prime estime Stéphane Postollec, secrétaire général de la CFDT santé sociaux dans le Finistère. Avec l’ensemble des organisations syndicales, il le rappellera à l’occasion de la journée de mobilisation le 16 juin
 
 
Cap Finistère : Comment les personnels soignants ont vécu la période de confinement dans le Finistère ? 
Stéphane Postollec : Avec professionnalisme et abnégation. Tout le monde a pris cette crise en pleine figure. L’ensemble des personnels, des agents techniques aux directions en passant par les soignants et acteurs du social, médico-social et du maintien à domicile, a participé à l’adaptation des hôpitaux et des structures associatives en quelques jours pour mettre en place les mesures sanitaires de protection des personnes. L’administration hospitalière a décidé de suspendre des activités de chirurgie ou des consultations. Il a fallu gérer des discours contradictoires : plusieurs professionnels ont été obligés de rester chez eux soit en télétravail soit en attente d’être mobilisés. Ils étaient donc en position de travail et pas en congés. Pour autant, une certaine forme d’ambiguite s’est installée liees à l’absence de positionnement officielle des differentes directions. C’est exactement pareil sur les structures associatives. Il ne serait pas normal que celles et ceux qui ont subi la crise et qui ont permis qu’elle ne se répande pas dans le Finistère soient pénalisés en perdant des jours de congès.
 
Cap Finistère : Des membres du personnel médical ont-ils contracté le covid 19 ?
Stéphane Postollec : Evidemment mais je me garderai bien de donner des chiffres. Nous connaissons tous des collègues qui ont eu des symptômes mais comme les tests n’étaient pas tous fiables, il n’est pas possible de le quantifier. Ce qui est important c’est que les professionnels qui ont contracté le virus soient considérés en maladie professionnelle et ne subissent pas d’incidence sur leurs rémunérations.
Cap Finistère : Qu’attends-tu du Ségur de la santé ? En matière de réforme du système ? De rémunération des personnels et de l’organisation du travail ? De liens entre l’hôpital et la médecine de ville ? 
Stéphane Postollec : Covid 19 ou pas, il fallait que cette discussion s’engage. J’exerce des responsabilités syndicales à la CFDT depuis 2006 et je ne cesse d’observer une succession de réformes technocratiques qui aboutissent à une suradministration de l’hôpital et à une véritable gabegie financière. Il est temps d’entendre les organisations syndicales et de répondre aux besoins en termes de salaires et d’effectifs. C’est tout le système de santé qui est concerné d’où l’importance de la présence des organisations syndicales qui ont une vision globale du sujet, sans corporatisme. Nous allons défendre le principe d’une prime pour tout le monde. Ce n’est qu’un juste retour des choses.
Mais il faut aller au-delà et revaloriser les salaires pour rendre les carrières plus attractives. Chacun doit bien se rendre compte qu’aujourd’hui les écoles d’aides-soignants ont du mal à recruter compte tenu des difficultés en matière de conditions de travail et des perspectives de carrière qui leur sont offertes. Or, si le système de santé sanitaire social et médico-social fonctionne et prend en charge les personnes qui nécessitent un accompagnement et des soins c’est bien grâce à tous ces professionnels.
La question de la gouvernance aussi doit être abordée. Comme je le disais, notre système souffre d’une suradministration. Les ordres vont du cabinet du ministre aux directeurs en passant par les ARS (agences régionales de santé) sans la moindre négociation. Nous sommes véritablement face à un rouleau compresseur. L’expertise de terrain des partenaires est totalement niée.
Il faut aussi mieux impliquer les collectivités locales. Il n’est pas normal que des communes se fassent de la concurrence pour attirer des médecins pour avoir leur cabinet médical alors que des coopérations devraient se mettre en place à l’échelle des intercommunalités ou des pays. On a constaté une baisse très nette de la fréquentation des urgences pendant le confinement d’où l’importance de revoir l’articulation entre l’hôpital public et la médecine de ville. L’époque du médecin d’antan, corvéable et serviable à merci est terminée et on ne peut que s’en féliciter. Cependant, il faut trouver une manière de mieux organiser l’offre de soins de façon à ce que le recours aux urgences ne soit pas systématique. 
Cap Finistère : C’est pour toutes ces raisons que vous appelez à la mobilisation le 16 juin ?
Stéphane Postollec : Bien sûr, en tenant compte du fait qu’il nous faudra inventer des nouvelles formes de mobilisations dans un contexte où les rassemblements de plus de 10 personnes sont interdits et où nous devons tous rester prudents et appliquer les gestes barrières. Il est important que le personnel médical et paramedical se mobilise mais aussi que les usagers et membres des conseils d’administration ou de surveillance des différentes structures puissent apporter leur soutien à l’hôpital, aux associations sociales et medico-sociales qui s’occupent des différents accompagnements liés au handicap, à la prévention ou au vieillissement et expriment leur attachement à un bien public qui appartient à tous les citoyens.
 
Article publié dans le Cap Finistère n°1315 du 12 juin 2020
 



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