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mardi 10 décembre
La reconstruction du PS de 1971 à 1975

De 1971 à 1975, Francis le Blé est le premier secrétaire de la fédération socialiste du Finistère. Durant toute cette période sa tâche principale constituera à développer le Parti Socialiste dans l'ensemble du département.

Dès 1973, le succès est au rendez-vous avec la victoire de Louis le Pensec et les bons résultats des autres candidats socialistes aux Législatives du mois de mars et les élections, notamment dans la région de Brest, de 5 conseillers généraux, dont lui-même à Recouvrance.

A partir de 1971, le Parti Socialiste se développe dans l'ensemble du Finistère. Rassemblés à Morlaix, les socialistes du Finistère (FGDS, CIR, non organisés ) se réunissent, désignent Francis le Blé comme premier secrétaire et tentent dans l'ensemble du Finistère de créer des sections. Les élections municipales 1971 mettent en évidence l'urgence de cette démarche. A Brest, la liste, constitué avec difficulté par Francis le Blé (1) arrive derrière celle du parti communiste. Le PS brestois à cette époque vivait grâce aux faibles cotisations d'une quinzaine de militants et ne pouvait compter sur le soutien national du parti qui, pour ce scrutin n'avait envoyait aucune affiche. Dans un tract, les socialistes "appellent à voter en masse au second tour pour la liste présentée par le parti communiste.

A Morlaix, en revanche, Roger Prat et jean Jacques Cléach remportent l'élection. A Quimper la liste d'union de la gauche conserve la mairie mais à Châteaulin, la droite l'emporte face à Hervé Mao.
Le congrès de Brest, qui se déroule le 18 novembre 1973 donne l'occasion aux socialistes finistériens de tirer un premier bilan, 2 ans après le congrès de l'unification d'Epinay, et de constater que, si l'implantation du socialisme à la pointe de Bretagne nécessite de gros efforts, ici, comme ailleurs, le socialisme, en ce début des années 70 est bien une idée qui fait son chemin.
L'année 1973 marque en effet une étape importante dans l'histoire du socialisme dans le Finistère : En mars se déroulent les élections législatives et en septembre les cantonales. Le congrès de Brest du 18 novembre enregistrera les résultats parfois inattendus de ces scrutins.

L'espoir de 1973
Les élections législatives de mars 1973 constituent le premier rendez vous entre les Français et le Parti Socialiste depuis les élections anticipées de juin 1968. Cette année là, la droite avait remporté les 8 circonscriptions du Finistère (7 gaullistes et 1 républicain indépendant ). A Gauche, le PC présentait des candidats dans toutes les circonscriptions, le PS dans 3 (Brest 1, Douarnenez et Quimperlé) et le PSU 2 (Quimper et Morlaix ). Le candidat communiste arrivait en tête des candidats de gauche partout sauf à Morlaix et Douarnenez.

En mars 73 les choses sont bien différentes. D'une part le PS présente partout des candidats et d'autre part, ils arrivent 5 fois sur 8 en tête des candidats de gauche et dans la circonscription de Quimperlé, Louis le Pensec avec 17 708 voix devance largement le député sortant qui ne rassemble que 15 610 voix soit près de 13 000 voix de moins qu'en 1968 !
Au second tour, seul Louis le Pensec est élu député. Mais les résultats des autres candidats socialistes sont très encourageants : Marie Jacq, à Morlaix n'a que 146 voix de retard sur le candidat UDR. A Brest Francis le Blé rassemble plus de voix au second tour que l'ensemble des candidats de gauche au premier.

L'ordre du jour de la CEF (commission exécutive fédérale ) du 25 mars 73 est consacré au bilan de ces élections. A la lecture du compte rendu on constate que, dans l'ensemble du département cette campagne a été l'occasion de monter des sections socialistes dans de nombreuses communes comme Guipavas, Carhaix ou Châteaulin par exemple.
Force aussi est de constater que la situation est bien différente d'une circonscription à l'autre. Ainsi, dans la 8eme circonscription ( Quimperlé ) le bilan est le suivant : " climat partout très favorable à l'équipe socialiste. Peu de confrontation avec les adversaires. "
A Brest Centre, la campagne semble très dynamique : " c'est en fait une véritable armée de militants et de sympathisants qui ont mené la campagne ; les uns s'occupant du collage (il y avait jusqu'à 14 équipes de 3 certains soirs) ; les autres distribuant tracts et journaux (40000 de distribués en une soirée), d'autres encore menant les réunions dans les écoles etc."

Mais il n'en va pas de même partout. A Brest rural par exemple le compte rendu précise que la campagne n'a pas démarré avant le mois de décembre et que la fédération a eu des " difficultés à trouver le candidat titulaire. (…)" La campagne est qualifiée de " très modeste car l'équipe possède peu de moyens et de militants (22 adhérents sur une seule section en tout dans la circonscription) en fait une demi-douzaine de militants ont participé activement à la campagne. " Malgré cette faiblesse militante, la gauche double presque son score dans cette circonscription qui en 1968 était la plus à droite de France.

Les militants socialistes sont interpellés sur les mêmes sujet dans l'ensemble du gouvernement : l'alliance avec le PC (le programme commun a été signé un an auparavant ), l'emploi, l'avenir des écoles privés et la défense (surtout dans la région de Brest). Dans certaines circonscriptions, la campagne est très dure, les candidats de droite ne reculant devant rien pour tromper les électeurs (désinformations en particulier sur les écoles privées) et allant même jusqu'à faire licencier un suppléant socialiste !
Malgré ces agissements, le bilan de ces élections est plutôt encourageant et confirme qu'il existe une véritable dynamique pour le parti socialiste.

5 conseillers généraux à Brest
6 mois plus tard, les élections cantonales confirmeront cette dynamique, en particulier sur Brest où les 5 candidat(e)s socialistes seront élus. Dans le reste du département les 3 conseillers généraux socialistes sortants sont réélus. Pour la première fois, Francis le Blé est élu conseiller général à Recouvrance.
En 1973, le conseil général du Finistère comptait : 19 centristes ( 45% ), 6 républicains indépendants, 4 gaullistes, 1 divers et 12 conseillers généraux de gauche.
Durant leur campagne, les candidats socialistes brestois dénoncent le manque de démocratie du maire de l'époque, G. Lombard.
La solidarité entre Brest et l'ensemble du nord-Finistère est également au cœur de cette campagne. On peut en effet lire dans la profession de foi de Francis le Blé : " les notables locaux nous font miroiter un avenir radieux en prétendant faire de Brest une ville de 400 000 habitants en l'an 2000. C'est un rêve de grandeur qui ne pourra se réaliser qu'au prix de la désertification du nord-Finistère. "

Une activité militante importante
Ce sont donc des socialistes en pleine progression qui tiennent leur congrès fédéral à Brest le 18 novembre 1973. 250 délégués y participent. Dans son rapport d'activité, Francis le Blé indique que "depuis 2 ans le nombre de sections a doublé et le nombre des militants triplé". Les deux années qui viennent doivent être consacrées au renforcement et à la création de nouvelles sections.
Alors qu'il était premier secrétaire fédéral le nombre des adhérents socialistes du Finistère est passé de 100 en 1971 à 800 en 1974 et 1392 en 1975.

La vie de la fédération est particulièrement intense. Ainsi, dans son rapport d'activité, Francis le Blé précise que la Commission Exécutive de la fédération, s'est réunie 17 fois depuis le 28 novembre 1973 soit plus d'une fois par mois ! Ces réunions se déroulaient, en général à Châteaulin ou à Port Launay.
La formation constitue une des priorité du jeune parti socialiste dans le Finistère. Georges Jaouen et François Pellennec sont, au secrétariat fédéral chargé de cette question.

Des dossiers thématiques sont réalisés et envoyés aux sections. Ils concernent par exemple " la crise monétaire et ses répercussions ", " le socialisme d'aujourd'hui " ou " la laïcité " mais également des sujets plus finistériens comme " la situation économique du Finistère " ou " le bilan des élections législatives "

En outre, des journées ou des week end de formation sont organisés.
L'engagement dans les luttes fait l'objet d'une grande partie de ce rapport d'activité et Francis le Blé cite, parmi les événements dans lesquels les socialistes se sont particulièrement investis : " la grève du joint français, la grève du lait, le Chili, LIP, la défense des libertés, l'Ecole etc."
La création du BREIS (Bureau Régional d'Etudes et d'Information Socialiste) est saluée comme un événement qui eu " un grand retentissement qui a dépassé les limites de notre région"
A la fin de l'année 1973, le PS a le vent en poupe et même si la tâche est énorme, les militants de la première heure sentent bien que la victoire est possible. Les élections municipales de 1977 le confirmeront.

(1) le 37eme candidat de la liste a été trouvé le jour même du dépôt de la liste.




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