Accueil > Evénements > Présidentielle 2017
LES BLOGS
SOCIALISTES
Tous les blogs
RECHERCHE
lundi 3 août
L’alimentation n’est pas une simple marchandise.

L’alimentation n’est pas une simple marchandise. S’alimenter, bien nourrir son corps, est un acte vital. Malgré les progrès effectués pour lutter contre la faim dans le monde, aujourd’hui, près de 2 milliards d’êtres humains n’accèdent pas à une alimentation satisfaisante. L’objectif demeure de parvenir à mettre en place un système alimentaire capable de nourrir l’humanité tout en préservant l’écosystème de notre planète. Répondre aux défis environnementaux, climatiques et alimentaires du XXIe siècle impose une révolution dans l’approche de notre modèle agricole. L’alimentation et l’acte de production agricole ne peuvent être régis par les mêmes règles du libre-échange que les autres produits industriels, comme c’est le cas aujourd’hui dans les accords de l’OMC. À l’image de la culture, ils doivent faire l’objet d’un régime d’exception. Le droit fondamental des peuples à se nourrir constitue une exigence supérieure à toute considération commerciale et la question de l’alimentation ne pourra être résolue par la concentration de la production dans certaines régions du globe au détriment des autres.

Ma politique agricole favorisera la relocalisation des activités. Cependant, les déséquilibres naturels, accentués par le réchauffement climatique, ne permettront pas à chacun de parvenir à sa sécurité alimentaire. Des échanges mondiaux de produits agricoles et alimentaires seront toujours nécessaires pour assurer à chaque être humain l’accès à une alimentation suffisante et de qualité. D’où l’importance d’un commerce régulé, d’un juste échange. Cela induit la création d’une instance mondiale de gouvernance et de régulation, une OMA (Organisation mondiale de l’agriculture), fondée non pas sur une libéralisation toujours plus grande des échanges mais sur une coopération équitable et durable. Cela suppose, en outre, de revoir les accords internationaux existants. Pour impulser et défendre cette politique, la France doit s’affirmer dans le cadre des G20, à la FAO et je m’assurerai qu’elle tienne une véritable place au sein du Conseil de la Sécurité Alimentaire (CSA). Cela passe enfin par une Europe forte et solidaire.

La Politique Agricole Commune actuelle ne satisfait ni les agriculteurs, ni les organisations environnementales, ni les citoyens qui sont également contribuables. Elle peut et doit être réformée. La dérégulation des marchés européens et le découplage des subventions ont dénaturé son esprit originel. Les rénovations successives adoptées depuis 1992 ont favorisé principalement les modèles d’exploitation orientés vers les marchés à l’export et s’alignant sur les prix bas mondiaux, au détriment des structures familiales, pourtant plus performantes en termes d’emploi et plus résilientes. Toutes les réformes engagées depuis les années 1990 ont laissé le libre cours au seul marché, dévastateur pour les agriculteurs, l’emploi, l’économie des territoires et dangereux pour notre sécurité alimentaire. Un autre modèle agricole est possible. Un modèle plus respectueux de la santé humaine et de l’environnement, mais aussi qui assure un revenu décent et stable à nos agriculteurs qui ne demandent qu’à vivre de leur métier. Président, je développerai une politique nutritionnelle alimentaire globale respectueuse et garante de la santé humaine, j’amplifierai la transition Agro-Écologique pour répondre aux défis environnementaux et climatiques et je mettrai l’agriculture, l’agroalimentaire et la forêt au service de l’économie des territoires en prenant en compte la diversité des modèles de l’agriculture française.

La question agricole et alimentaire est un enjeu pour tous. Parce que je veux remettre l’agriculture au cœur de la France et de nos territoires et parce que je pense qu’une nouvelle gouvernance de l’agriculture française est nécessaire, j’organiserai dès 2017 un Grenelle de l’Agriculture, qui permettra de co-construire ce nouveau projet agricole et alimentaire, durable et solidaire.

Lire le projet agricole de Benoît Hamon, pour un contrat alimentaire durable et solidaire avec nos agriculteurs.


(PDF – 325.1 ko)



Partager Publier sur twitter