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samedi 14 décembre
L’Europe des solidarités
Pour les élections européennes du 26 mai, les socialistes bretons, dans une démarche originale, ont choisi Forough Salami pour figurer comme première des socialistes de la région pour les représenter. En ce 8 mars, et à quelques jours de l’annonce de la composition de la liste, elle revient avec nous sur les grands enjeux de ce scrutin pour la Bretagne.
 
Cap Finistère : Une fois de plus, les socialistes bretons ont su faire preuve d’innovation et d’originalité dans leur manière de choisir leurs représentants. 
Forough Salami : Absolument. Le mode de scrutin, et je le regrette, est redevenu national. Or, compte tenu de l’importance des politiques européennes pour la Bretagne et de la forte adhésion des Bretons à la construction européenne, il est apparu indispensable qu’un ou une candidate de notre région soit présent en position éligible sur la liste socialiste. C’est la raison pour laquelle, les quatre premiers secrétaires fédéraux Bretons ont imaginé une démarche unique et originale : organiser dans la région une consultation de l’ensemble des adhérents de manière à pouvoir présenter celui ou celle qui la représentera sur la liste. Les adhérents bretons, réunis à Pontivy, m’ont fait confiance pour figurer en bonne position sur la liste.
Cap Finistère : Comment faire émerger les enjeux locaux dans un contexte très national ?
Forough Salami : C’est tout le défi que nous devons relever. Comme je viens de le dire, le retour au mode de scrutin avec une liste nationale n’avait pas ma préférence. En plus, ce phénomène est encore accentué avec « le grand débat », qu’Emmanuel Macron utilise pour faire sa propre campagne. Les enjeux nationaux occultent même la dimension européenne de la campagne. De plus, d’autres listes veulent transformer cette élection en référendum anti-Macron, ce qui est totalement irresponsable.
Car les enjeux pour notre région sont considérables. Je le vois bien en tant que vice-présidente de la région en charge de l’Europe : nous avons besoin de relais au parlement européen. Les propositions de la commission dans les discussions sur le budget après 2020 ne nous conviennent absolument pas. La Politique Agricole Commune (PAC) serait fortement impactée et les budgets, en particulier pour le 2eme pilier, seraient réduits ce qui aurait des conséquences sur les aides à l’installation, à l’amélioration des exploitations ou au développement des pratiques agro-environnementales. De nombreuses régions européennes sont d’accord avec nous, mais cette bataille se mènera essentiellement au parlement où nous devons être présents.
A cela, il faut rajouter les possibles répercussions d’un Brexit sans deal qui pourraient se révéler dramatiques pour certaines de nos entreprises, en particulier dans le secteur de la pêche.
Cap Finistère : La gauche française se présente totalement dispersée à ce scrutin.
Forough Salami : On ne peut que le déplorer et il faut saluer les efforts d’Olivier Faure pour tenter d’obtenir une liste commune. D’autant que le groupe des socialistes européens (PSE) reste la seconde force politique du parlement.
L’Union européenne doit se démocratiser pour que les citoyens adhèrent de nouveau à son projet. C’est pourquoi nous proposons de donner plus de pouvoir au parlement, notamment en lui permettant de proposer des lois, de voter les recettes du budget et en supprimant le veto de la commission lorsqu’une pétition recueille un million de signatures.
Notre projet consiste à construire une Europe de la solidarité qui protège ses citoyens. Nous devons mettre la même énergie à bâtir l’Europe sociale que nous en avons mis à créer l’union monétaire. Les harmonisations sociales et fiscales sont aujourd’hui indispensables, en particulier pour que l’UE se dote de ressources propres pour alimenter son budget.
La même notion de solidarité doit prévaloir pour la transition énergétique. On doit s’inspirer de l’exemple d’Airbus pour conjuguer et mutualiser nos forces pour parvenir à faire de notre continent le champion de la lutte contre le réchauffement climatique. Cette question ne peut pas être traitée nationalement.
Il en va de même pour l’Europe de la défense que nous appelons de nos vœux depuis des années. L’attitude des Etats-Unis va enfin permettre de faire bouger les lignes puisque les pays de l’Est se rendent enfin compte qu’ils ne peuvent plus compter sur eux, et sur l’OTAN pour assurer leur sécurité.
Enfin, face au migrants, l’Europe doit rompre avec les accords de Dublin qui laissent les pays du sud accueillir seuls les réfugiés qui arrivnet sur leurs côtes. Il faut là encore faire preuve de solidarité, en créant une agence européenne du droit d’asile.
Cap Finistère : En quoi l’union européenne peut contribuer à améliorer les droits des femmes ?
Forough Salami : L’union européenne a, sur cette question des compétences limitées. Elle peut émette des recommandations mais ce sont les Etats qui restent décisionnaires.
Cependant, les fonds européens financent déjà des projets d’innovation sociale permettant de favoriser l’égalité entre les femmes et les hommes. Des structures comme entreprendre au féminin en Bretagne ont bénéficié d’aides de l’UE.
On peut aller plus loin et, à titre personnel, je pense qu’un ou une commissaire européenne pourrait avoir en charge l’égalité femmes/hommes qui figure dans La Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne qui a été proclamée lors du Conseil européen de Nice, le 7 décembre 2000.
 
Article publié dans le Cap Finisètre n°1261 du 8 mars 2019
 



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