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lundi 16 décembre
L’Europe a besoin de la gauche
Face à une droite européenne qui se durcit, le Parlement européen a plus que jamais besoin d’un groupe socialdémocrate fort pour défendre les droits des salariés et les libertés individuelles insiste 
Christine Revault d’AllonnesBonnefoy, présidente de la délégation socialiste française. 

 

Cap Finistère : Que faut-il retenir de l’action de la délégation socialiste française au cours des dernières sessions du Parlement européen ?
Christine Revault d’Allonnes-Bonnefoy : Contrairement à ce qui se passe au Conseil européen, le Parlement européen agit. Nous pouvons nous féliciter d’avoir remporté des victoires sur des dossiers comme les travailleurs détachés ou la pêche électrique. Nous avons réussi à contrer la proposition de la commission pour le secteur routier qui aurait eu de graves conséquences pour les salariés. Cependant, il faut voir la réalité en face : la majorité du Parlement européen est à droite. Et depuis quelques temps, on constate que cette majorité à tendance à se durcir, en particulier sur les questions sociales. Et nous pouvons remporter des victoires en commissions qui ne sont pas ensuite confirmées en plénières. Il faut rester prudents.
Cap Finistère : La réforme de la PAC suscite de nombreuses inquiétudes dans des régions comme la Bretagne.
Christine Revault d’Allonnes-Bonnefoy : Absolument. C’est une question importante et la bataille doit se mener au Parlement et même au sein du groupe PSE (Parti des Socialistes Européens). Pour nous, à la délégation socialiste française, il est essentiel de privilégier les productions locales et les petits exploitants. Nous refusons l’idée selon laquelle chaque pays devrait se spécialiser dans un type de production. Notre collègue Éric Andrieux est particulièrement actif sur ces questions qui touchent à la qualité alimentaire.
Cap Finistère : Que retiens-tu du rassemblement Europe Together qui s’est tenu à Paris le 29 juin ?
Christine Revault d’Allonnes-Bonnefoy : D’abord je me félicite que le PS français, que certains avaient déclaré en mort clinique il y a à peine un an, soit capable d’organiser un grand rassemblement européen de ce type avec de nombreux dirigeants socialistes européens comme Udo Bullmann, président du Groupe S&D au Parlement européen, Sergei Stanishev, président du PSE, Pedro Sánchez, premier ministre de l’Espagne et des représentants des jeunes socialistes européens, mais aussi de la Confédération européenne des syndicats. La question des réfugiés et de la manière dont l’Europe doit les accueillir a été au cœur des discours. Mais cette rencontre a aussi permis de mettre en avant les sujets environnementaux avec leur dimension sociale. Car il nous faut penser l’avenir en n’oubliant jamais de combiner ces deux éléments.
Cap Finistère : Comment le PSE prépare son projet et sa campagne pour les élections européennes du 26 mai 2019 ?
Christine Revault d’Allonnes-Bonnefoy : Les grandes orientations ont été présentées lors du conseil du PSE de Lisbonne qui s’est tenu au mois de décembre. D’abord, sur nos stratégies d’alliances avec une volonté forte de construire, avec les autres forces progressistes européennes, une majorité au Parlement européen. Comme je le disais avant, la bataille est rude face à aux populistes et à une droite qui se radicalise. Les socialistes européens ont placé au cœur de leur projet, le social mais aussi la défense des libertés et des droits fondamentaux, à un moment où ils sont attaqués dans plusieurs pays de l’Union. Des groupes de travail se sont mis en place dans tous les partis socialistes européens. Avec Emmanuel Maurel, j’anime celui du PS français.
Cap Finistère : Pour nous, c’est à partir des contributions publiées sur La Ruche Socialiste que sera élaboré le projet ?
Christine Revault d’Allonnes-Bonnefoy : Tout à fait. Depuis longtemps nous voulions que l’élaboration de notre programme se fasse dans la transparence. C’est maintenant possible grâce à La Ruche Socialiste et nous devons nous en féliciter. Mais, et j’insiste beaucoup sur cet élément, il faut que chacun prenne cet exercice très au sérieux. Nous ne devons pas faire un simulacre de concertation comme la République en marche qui donne la parole mais n’en tient pas compte. Je ne peux pas aujourd’hui dire à quoi ressemblera notre projet car il est en train de se construire. Si une proposition suscite de l’intérêt il faudra la retenir. Si une autre ne rencontre aucun soutien, il faudra l’écarter. Je sais déjà ce que seront mes devoirs de vacances puisque nous rendrons notre copie le 31 août. Le choix des candidats interviendra après, une fois que les adhérent.es auront adopté le projet.
 



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