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dimanche 15 décembre
Il faut sauver l’Aquarius
 
 
Le navire est en parfait état de marche, l’équipage est déterminé à accomplir sa mission et sauver les personnes que des trafiquants d’êtres humains obligent à prendre la mer sur des embarcations de fortune et l’armateur est payé rubis sur l’ongle. Et pourtant, l’Aquarius, le bateau affrété par l’association SOS Méditerranée, est bloqué à quai depuis qu’il a accosté à Marseille. « Il battait d’abord pavillon de Gibraltar, puis panaméen », explique Christophe Inizan, responsable de l’antenne départementale de SOS Méditerranée. « Mais, à la suite de pressions politiques exercées par le gouvernement italien, les deux pays ont dépavillonné l’Aquarius. Or, un navire sans pavillon est un bateau pirate. Pour nous, il est hors de question de déroger aux règles maritimes internationales. Au contraire, nous faisons tout pour qu’elles soient respectées. » Ce dépavillonnement est la seule solution trouvée par le gouvernement italien pour empêcher de mener à bien sa mission. En effet, l’Aquarius a subi des dizaines de contrôles. À chaque fois, les experts ont conclu que le navire et l’équipage remplissaient toutes les conditions pour prendre la mer. Il y a donc urgence à trouver une solution. Car l’Aquarius est le seul navire de sauvetage présent en Méditerranée centrale alors qu’il y a encore quelques mois, il y en avait une dizaine. Depuis 2016, l’Aquarius a effectué 241 opérations et sauvé près de 30 000 personnes. Aujourd’hui, à cause des pressions du gouvernement italien et de l’attentisme des autres pays européens et de l’Union européenne, SOS Méditerranée est dans l’impossibilité de remplir sa mission de sauvetage. « C’est particulièrement grave », insiste Anthony, marin sauveteur, membre de l’équipage. « Les États interdisent au bateau de débarquer les naufragés sauvés dans “ le port sûr le plus proche ”, l’obligeant ainsi à garder la mer plusieurs jours, parfois dans des conditions très difficiles. » Si on ne réagit pas, demain, c’est la question même du sauvetage en mer qui sera posée. « Imaginet-on, à Brest, que l’Abeille où les bateaux de la SNSM soient bloqués à quai alors que des marins se noient ? », s’est-il indigné devant près de 500 personnes rassemblées devant la mairie de Brest. « Lorsqu’un marin est en difficulté en mer, il faut aller à son secours. Qu’il soit un marin aguerri ou de circonstance. C’est une règle maritime intangible. » C’est pour dénoncer cette situation et obliger les dirigeants européens à trouver des solutions de sauvetage pérennes que SOS Méditerranée est sortie de sa mission première, qui consiste à venir en aide aux naufragés, pour appeler les citoyens à se mobiliser et à descendre dans la rue le 6 octobre. Dans le Finistère, quatre rassemblements, réunissant plusieurs centaines de personnes se sont tenus à Brest, Quimper, Morlaix et Concarneau. Portant un gilet de sauvetage ou un vêtement orange, ces manifestants ont apporté leur soutien à SOS Méditerrannée qui a décidé de se substituer aux États défaillants pour secourir les naufragés. À Brest, le comédien Guy Abgrall a lu des témoignages particulièrement poignants de rescapés sauvés par l’Aquarius. Les hommes, les femmes et les enfants ne s’entassent pas par dizaines voire centaines sur des embarcations en mauvais état pour rejoindre l’Europe : ils y sont obligés par les passeurs qui ne cherchent qu’à se débarrasser d’eux une fois qu’ils ont été rackettés ou violés. Si l’Aquarius recueille autant de femmes enceintes et si les médecins doivent pratiquer autant d’accouchements à bord, c’est parce que les femmes sont quasi systématiquement violées durant la traversée du Sahara ou en Libye qui constituent un véritable enfer pour les ressortissants des pays subsahariens. Aujourd’hui, tous les témoignages des rescapés qui sont passés par la Libye montrent que ce pays est un enfer pour les réfugiés. Les structures gouvernementales ne sont pas fiables et les gardes-côtes ne jouent pas leur rôle. Aujourd’hui, l’Aquarius est à quai, dans le port de Marseille. Contrairement à ce que prétend la propagande italienne, les naufrages se poursuivent. L’absence de bateaux de sauvetage n’empêche pas les passeurs de jeter des centaines de réfugiés sur des embarcations de fortune. Il y a donc urgence à ce l’Aquarius puisse reprendre la mer.

Vous pouvez signer la pétition de soutien à l’Aquarius ou verser un don sur le site

 

Article publié dans le Cap Finisètre n°1242 du 12 octobre 2018

 



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