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mercredi 11 décembre
HLM : de plus en plus blêmes
« Ah ce qu’il est blême, mon HLM », auraient pu entonner en cœur les représentants des offices HLM, réunis pour leur 79e congrès, les 10 et 11 octobre à Marseille. « On est entré dans le dur. On commence à constater les effets des mesures prises par le gouvernement l’année dernière », déplore Jean-Paul Vermot, président de Finistère Habitat. Et ce n’est pourtant pas faute d’avoir alerté le gouvernement sur les conséquences des décisions, comme la baisse des APL compensées par les offices, prises dès les premiers jours du quinquennat Macron. La baisse des APL est une marotte de Bercy qui traîne dans les tiroirs du ministère des finances depuis des années. « Dès que j’ai été nommé ministre, les hauts fonctionnaires de Bercy m’ont proposé de prendre cette mesure », a d’ailleurs confié François Baroin, dans son discours à Brest, en ouverture du Carrefour des communes. Ce que le gouvernement Fillon avait refusé de faire en 2010, le gouvernement Édouard Philippe l’a fait en 2017. Avec les conséquences dramatiques que doivent aujourd’hui gérer les offices HLM. Déjà la baisse des mises en chantiers se fait sentir. « Car la marge de manœuvre dont nous disposions pour les constructions ou les réhabilitations a été ponctionnée par la compensation des APL », dénonce Jean-Paul Vermot. Et les ventes de logements, préconisées par le gouvernement ne contribueront pas à améliorer la situation des locataires dans un contexte de paupérisation. « Plus de 25 % des ménages ont des revenus inférieurs aux minima sociaux, contre 20 % en 2012 », indique Marcel Rogemont, président de l’ARO Habitat Bretagne. La Réduction des Loyers de Solidarité (RLS) a été imposée aux bailleurs pour compenser la baisse des Aides Personnalisées au Logement (APL). D’un coût global de 800 millions d’euros en 2018, elle devrait passer à 1,5 milliard en 2020 ! « La situation actuelle est grave », a insisté Jean-Louis Dumont, président de l’Union sociale pour l’Habitat, à la Tribune du congrès de Marseille. « La loi de finances 2018 et la trajectoire annoncée pour 2019 peuvent, à elles seules, en une poignée d’années, réduire à néant une partie de ce que nous avons mis un siècle à construire : une offre de logements efficace, de qualité, pour apporter une solution de logement abordable. » Le secrétaire d’État Julien Denormandie a vanté, devant les congressistes de Marseille un « modèle aidé et universel, qui est le bon et qu’il faut préserver ». Mais les offices HLM ne peuvent se contenter de beaux discours. Ils ont besoin, rapidement, de récupérer des marges de manœuvre financières pour continuer à accomplir leur mission et permettre à toutes les Françaises et tous les Français de se loger dignement.




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