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samedi 14 décembre
Envie d’une Europe de gauche !
« Une escroquerie intellectuelle ». À la tribune du meeting qui s’est tenu dans sa ville, le 14 mai, la maire de Rennes, Nathalie Appéré, n’y est pas allée par quatre chemins pour qualifier la stratégie de l’Élysée. En effet, elle consiste à faire croire que l’enjeu de l’élection du 26 mai se limite à un match entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, par têtes de listes interposées.
Cette stratégie est, non seulement malhonnête, mais elle est aussi dangereuse car elle donne beaucoup trop d’importance à l’Extrême-droite et laisse à penser qu’il n’existe aucune alternative entre le statu quo libéral et le chaos nationaliste. Si les électeurs n’ont le choix qu’entre deux options, ils finissent bien par les tester comme on a pu le voir en Italie. En revanche, l’exemple espagnol prouve qu’une autre voie est possible. « Le PSOE, que les observateurs donnaient pour mort il y a deux ans a su, en menant une politique de gauche, retrouver son électorat », s’est félicité Raphaël Glucksmann.
« Nous voulons une Europe qui réponde aux urgences sociales, environnementales et démocratiques. Une Europe de la rénovation énergétique, du droit d’asile commun, des droits des salariés et de l’Erasmus pour tous les jeunes », a résumé Nathalie Appéré.
« Parfois les remparts se transforment en passerelles », a également rappelé le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure, citant plusieurs prises de positions ambiguës de la tête de liste du parti présidentiel comme le shopping de l’asile, l’absence de place pour celles et ceux qui ne sont pas invités sans parler des relations qu’entretient la France avec les autorités libyennes ou des accords troubles entre le groupe parlementaire européen LREM et des partis très à droite en Espagne ou en Estonie. 
« Faire barrage, c’est la vocation des castors », a commenté Raphaël Glucksmann le 14 mai. Ça peut avoir du sens de faire barrage à un second tour d’une élection présidentielle. Mais ça n’en a aucun lorsqu’il s’agit d’une élection européenne à la proportionnelle. Le 27 mai, l’Extrême-droite ne prendra pas le pouvoir en France. Ni même au Parlement européen. RN et LREM ne seront que des composantes de groupes minoritaires à l’échelle européenne. 
Quel sera le groupe parlementaire le plus important à Strasbourg ? Voilà le véritable enjeu de ce vote. Car les institutions européennes sont organisées de telle manière que les principaux groupes jouent un rôle prépondérant. « Dans les projections de votes, le groupe socialiste (PSE) est presque à égalité avec celui des conservateurs (PPE). Nous ne sommes qu’à vingt sièges d’écart », a indiqué Olivier Faure « soit moins d’un siège par pays ». C’est cet aspect qui est vraiment pertinent. Pour peu qu’on prenne vraiment cette élection au sérieux et qu’on considère les enjeux européens comme prioritaires.
 
Article publié dans le Cap Finistère n°1271 du 24 mai 2019



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