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dimanche 5 février
Ensemble, penser l’avenir, discours du 1er secrétaire fédéral au congrès de Pont de Buis

Chers Camarades,

Avant de commencer, je tiens à vivement remercier Pascal Prigent pour son accueil à Pont-de-Buis et pour ses mots à la mémoire de Roger Mellouët.

J’en profite également pour saluer l’ensemble des bénévoles qui ont permis que ce congrès se déroule dans de bonnes conditions et je pense notamment au service d’ordre, aux permanents de notre fédération et à l’ensemble des camarades qui ont tenu les bureaux de vote jeudi soir et qui s’apprêtent à le refaire jeudi prochain.

Nous n’avons évidemment pas choisi Pont de Buis au hasard pour tenir notre congrès fédéral. Le choix des communes qui accueillent le congrès fédéral a toujours un sens. Il y a un peu plus d’un an, nous voulions saluer la victoire de l’équipe de gauche plurielle menée par Isabelle Assih, à Quimper.

Cette année nous avons voulu mettre en valeur Pont de Buis, ancrée à gauche depuis 1995, grâce à Roger Mellouët, comme l’a rappelé Pascal. Mais nous voulions aussi saluer la victoire de Mélanie aux dernières législatives, dans cette circonscription considérée comme le fief imprenable du président de l’Assemblée.

Ce congrès a, encore une fois, été un moment de démocratie utile, comme seul notre parti sait à vrai dire en organiser : deux assemblées générales fédérales, une dizaine de réunions de sections ou intersections, deux visio-conférences régionales, la mise à disposition des représentants des textes d’orientation, par la fédération, d’enveloppes afin d’adresser un courrier à l’ensemble des adhérents de manière à ce que toutes les propositions puissent être portées à la connaissance de l’ensemble des adhérents…

Et je tiens évidemment à féliciter et remercier les représentantes et représentants des textes d’orientation, Yann et Nathalie, Olivier, Sébastien et Michael qui ont participé à l’animation des débats de ce congrès.

Et manifestement ces temps de débat ont permis d’intéresser les militants à ce scrutin à enjeux puisque près de 400 socialistes ont participé à ce vote dans notre Fédération, contre 337 lors du congrès de Villeurbanne, démontrant le dynamisme de notre formation politique dans le département.

C’est évidemment une bonne nouvelle parce que ce congrès était un congrès important.

1. Pourquoi ce congres était-il important

D’abord, parce qu’il s’inscrit dans un contexte social, économique et politique particulier que je n’ai pas besoin de vous rappeler. Ensuite, parce qu’il engage notre parti pour la séquence politique qui débouchera rapidement sur l’élection présidentielle de 2027.

Enfin et surtout parce que ce congrès devait trancher une orientation qui s’est cristallisée au moment des élections législatives. Et sur la question de cette orientation stratégique, j’ai constaté au long de ce congrès qu’à vrai dire nous partagions beaucoup de choses. Et d’abord une évidence : sans le PS, pas de NUPES. Il était donc sain que les militants soient saisis de cette question.

Ce que j’ai constaté pendant ce congrès c’est que nous nous retrouvions au moins pour dire :

1. Qu’aucun Parti de gauche seul ne pouvait aujourd’hui être majoritaire seul dans le pays : l’union est donc indispensable
2. Sans le PS à la tête de cette union, la gauche ne peut pas être majoritaire
3. Pour que le PS puisse prétendre à prendre la tête de la gauche aujourd’hui, il fallait qu’il soit identifié à gauche, considéré par ses partenaires et par le peuple de gauche
4. Et, c’est là que nous divergeons, pour cela, il fallait faire ce que nous avons fait

Nous avons divergé également sur la suite : Hélène Geoffroy dénonçait l’accord conclu en juin et souhaitait sortir du périmètre actuel de l’Union, Olivier Faure souhaitait y rester et travailler le rapport de force avec nos partenaires en son sein et Nicolas Mayer Rossignol, sans dénoncer l’accord conclu ou la coordination de la NUPES à l’Assemblée, souhaitait affirmer une voie intermédiaire.

Ce débat a désormais été tranché par les militants, qui ont accordé plus de 49% des suffrages à la ligne portée par Olivier Faure, 31% à la ligne de NMR et 20% à la ligne d’Hélène Geoffroy.

2. La lecture du résultat du Finistère et les conséquences

Dans notre département, la ligne d’Olivier Faure a recueilli 46% des suffrages, celle d’Hélène Geoffroy 32% et celle de NMR 22%.

Quelles leçons en tirer ? Et bien que, nécessairement, cette majorité relative de la ligne nationale que je défendais devra amener à réfléchir à notre méthode de travail collective. Comme 1er SF, mon rôle est désormais de rassembler et de garantir l’unité des socialistes dans le Finistère dans un moment où les forces sociales se mettent en mouvement dans la rue et par la grève face à la réforme des retraites.

Quel message ont adressé les adhérents du Finistère ? D’abord qu’ils sont toutes et tous très attachés à leur parti, comme vous et moi. Vous le savez le nombre des inscrits ne correspond pas exactement à la réalité militante du parti. La participation réelle a donc été satisfaisante même si on doit encore pouvoir l’améliorer et, à cet égard je suis totalement d’accord avec Yann Guével qui, en commission de recollement des votes hier, a insisté pour que nous trouvions les moyens de permettre à tous les adhérent-es de voter, quelle que soit leur commune. Il n’est en effet pas normal d’être obligé de parcourir 30, 40 voire 50 kilomètres pour pouvoir voter.

Je constate aussi que le rapport d’activité fédéral a été assez largement approuvé. J’y vois un encouragement à encore améliorer notre mode de fonctionnement : nous avons encore de nombreux chantiers à engager pour renforcer notre action militante, l’information et la formation des adhérents.

Et je vois enfin dans les résultats de ce vote la confirmation que notre fédération est diverse. Nous devons toutes et tous, collectivement, faire de cette diversité une force, la transformer en saine émulation afin de donner le meilleur de nous-mêmes.

Nous devons d’autant plus cultiver cette unité et ces points de convergence que nous avons de formidables défis à relever et que nous ne pourrons le faire que collectivement et dans la recherche permanente de l’unité la plus large. Or, comment entraîner nos partenaires si nous ne pouvons pas, nous-mêmes montrer l’exemple ? Car, et je suis sûr que tout le monde ici aujourd’hui partage la même conviction : la gauche, pour transformer le pays, a besoin d’un parti socialiste fort et uni.

3. La suite en Finistère

Passé ce vote d’orientation national et après le vote de la semaine prochaine, notre fédération, devra je le crois, et je sais que nous partageons cette ambition, avancer dans l’unité et dans la clarté de ses orientations politiques.

A la vérité, je sors de cette période de débats avec la conviction que notre parti est bien plus uni que nous-mêmes le pensons parfois et que nous pouvons mettre sur le compte de la compétition électorale entre nous le sentiment contraire qui, parfois, nous habite. Quand je lis dans la dernière tribune de Mickaël et Sébastien pour le TO3 que « Tant qu’il y aura des injustices, il y aura des socialistes » je ne peux qu’abonder.

Quand je lis dans la dernière tribune de Yann et Nathalie un calendrier de travail pour les prochains mois, je ne peux que me réjouir de cet apport de propositions à notre travail collectif.

Ce qui comptera pour nous désormais, c’est la préparation des élections à venir afin de rééquilibrer le rapport des forces à gauche en vue de 2027.

Cela commencera dès les élections européennes mais s’amplifiera surtout pour les élections municipales que nous devrons tous ensemble commencer à préparer dès demain.

Je me réjouissais tout à l’heure d’être dans une commune, un canton et une circonscription de gauche. Malheureusement, très peu d’entre-nous peuvent se targuer de remplir ces trois conditions. Mais je ne crois pas que la domination des macronistes sur les circonscriptions ou celle de la droite sur les communes et les cantons soit une fatalité. Le Parti Socialiste reste la force dominante, localement, à gauche. Pour peu que nous sachions parler d’une seule voix et entraîner nos partenaires, nous pouvons inverser cette tendance à l’occasion des prochaines élections locales (municipales puis départementales). D’ailleurs, le secrétariat fédéral issu de ce congrès aura comme tâche prioritaire, en lien avec l’UESR, de préparer ces campagnes et de permettre à un maximum de socialistes d’être élus. Aucune commune n’est vouée à être dirigée par la droite. Dans l’Histoire récente, la plupart des grandes villes du Finistère ont eu des maires socialistes ou de gauche. Il ne tient qu’à nous, dans le cadre de listes d’union, de reprendre à la droite Landerneau, Concarneau, Douarnenez, Pont l’Abbé, Guipavas, Plouzané, Châteaulin, Ergué-Gabéric, Plougastel, Guilers, Gouesnou, Plabennec… Et pourquoi pas conquérir Fouesnant, Bénodet, Ploudalmézeau, Saint-Renan ou Saint-Pol de Léon ? Rien n’est impossible si nous nous présentons unis.

4. La méthode

Mais pour ça, nous devons être solides, et solidaires.

Préparer les échéances futures, c’est convaincre de nouveaux militants de nous rejoindre. Nous avons commencé à enregistrer de nouvelles adhésions et nous devons encore amplifier ce mouvement, notamment dans les zones rurales où prospère désormais le FN. L’action de nos maires, de nos conseillers départementaux, de nos conseillers régionaux et de nos parlementaires partout dans le département nous y aidera.

Préparer les échéances futures, c’est aussi renforcer les liens avec les élus municipaux, du département et de la région.

Préparer l’avenir, c’est assurer la formation de nos militants et de nos élus, comme le fait Jean-Paul à l’UESR.

Préparer l’avenir, c’est renforcer encore les jeunes socialistes de notre département, qui auront demain la responsabilité de ce parti.

Vous connaissez la formule de Mitterrand : « Il y a toujours un avenir pour ceux qui pensent à l’avenir. » Vous l’aurez compris, c’est bien à cela que je nous invite : ensemble, penser l’avenir.




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