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dimanche 20 septembre
Dialogue et transparence

Le 22 mars, Olivier Faure, dans un courrier adressé au président de la République, a synthétisé le point de vue que les socialistes défendent partout en France depuis le début de la crise du COVID-19 : ce combat suppose que nous nous mobilisions tous ensemble autour du même but.

« Dans ce combat, personne ne doit manquer. L’unité nationale est nécessaire. Nous y avons souscrit dès le premier jour. Nous avons relayé au plan national, comme dans l’ensemble des collectivités locales que nous dirigeons, les consignes gouvernementales. Nos maires innovent au-delà même de leurs compétences pour mettre en place des services à la population. L’adhésion et la mobilisation de tous doivent être en permanence recherchées.
L’exigence d’unité appelle en regard une totale transparence dans les choix opérés. La confiance suppose la vérité. Vérité sur les choix stratégiques. Vérité sur les moyens disponibles. Vérité sur l’articulation entre les moyens et les choix opérés. Tout le monde peut se tromper. Mais le danger vient lorsque le pouvoir n’accepte plus de se laisser contredire par les faits et quand il plie la doctrine à son propre récit de la crise.
Ainsi, s’agissant des masques et des tests, les ministres n’ont cessé de répéter sur toutes les antennes qu’il n’en manquait pas. Contre toute évidence. De tous les territoires, nous remontent en effet les mêmes témoignages. Il manque des masques dans les EHPAD, dans les centres médico-sociaux, dans les prisons, dans les entreprises, dans la police, dans la gendarmerie, dans les services publics et, en premier lieu, dans les hôpitaux et dans les cabinets médicaux. Quant aux tests, il n’en est pratiqué, au mieux, que 5 000 par jour. Si nous sommes en « guerre », il faut une économie de guerre. Dans cette « guerre » contre le COVID-19, il y a des premiers de tranchée. Médecins, infirmiers, aides-soignants, policiers, gendarmes, éboueurs, caissières, livreurs… Ils font notre admiration unanime. Nous devons tout faire pour les soulager. Et d’abord les protéger. Nous ne pouvons plus compter sur la fabrication de 6 millions de masques par semaine (8 millions en avril) quand les besoins sont évalués par votre ministre à 25 millions par semaine pour les seuls soignants et qu’il conviendrait d’équiper, a minima, la population au travail et les personnes présentant les symptômes du COVID-19. C’est pourquoi je vous demande, Monsieur le Président, de réquisitionner toutes les industries qui peuvent fabriquer des masques, des tests de dépistage, des respirateurs, du gel hydroalcoolique…
La solidarité ne peut s’exercer à sens unique, de bas en haut. C’est pourquoi je vous demande, Monsieur le Président, de reconnaître, à l’issue de la crise, la contribution de tous les personnels mobilisés aujourd’hui, de manière concrète. C’est-à-dire en termes de protection et de droits économiques et sociaux (retraite, pénibilité…). S’agissant des droits des salariés (congés payés, RTT, durée légale du travail), il n’est pas admissible qu’à l’occasion de cette crise sanitaire soient remis en cause, même provisoirement, des droits sociaux sans la moindre négociation. Chacun de nous pressent qu’une fois vaincu le virus, il sera exigé de tous des efforts pour redresser notre économie. Mais ces efforts doivent être librement consentis et également répartis. Il faut anticiper tous les sujets. Qu’en sera-t-il notamment des personnels de santé à l’issue de la crise ? Pourront-ils se reposer ? Ou devront-ils enchaîner pour prendre en charge les patients dont les opérations ont été repoussées pour libérer des lits ? C’est pourquoi je vous demande, Monsieur le Président, la création d’un groupe parlementaire chargé de réfléchir à ces sujets stratégiques et de penser l’après-confinement en lien avec le gouvernement et les services de l’État.
Monsieur le Président, la gestion de la crise suscite chaque jour de plus en plus de questions légitimes qui dépassent désormais le seul cadre sanitaire. L’unité nationale implique d’avoir des espaces continus de discussions et d’échanges. Le maintien de l’unité nationale ne peut reposer que sur un large consentement. Même en temps de guerre, Clemenceau ou Churchill étaient tous les jours devant le Parlement.
La seule façon de ne pas laisser s’installer la polémique, c’est de donner toute sa place à la politique en préservant l’échange démocratique. C’est pourquoi je vous demande, Monsieur le Président, d’instaurer un conseil national de lutte contre le COVID-19 qui permette le dialogue et la consultation régulière des élus locaux et nationaux, de la majorité comme de l’opposition, voire des partenaires sociaux. Nous sommes, à notre place, à la disposition du pays pour apporter notre part. »


Lire l’intégralité du courrier
 

Article publié dans le Cap Finistère n°1306 du 3 avril 2020




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