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samedi 14 décembre
Des ordonnances qui ne passent pas
 
Esbroufe, dédain et omissions : voilà en trois mots comment les députés socialistes jugent le projet de loi santé d’Agnès Buzyn. Pourtant, cette question fait partie des principaux sujets abordés dans le Grand débat national, voulu par le président de la République. 
Or, après les grandes annonces du plan « Ma santé 2022 », ce projet de loi au rabais ne tient pas compte des attentes exprimées par les Français, notamment sur les déserts médicaux. 
En outre, alors que l’heure semble être à la discussion et au débat, sur vingt-trois articles, on ne compte pas moins de sept ordonnances. Difficile dans ces conditions de croire au discours qui consiste à faire croire que le Parlement est un lieu de débats, a dénoncé le député de Haute- Garonne, Joël Aviragnet. 
Par ces ordonnances, le gouvernement demande au Parlement un blanc-seing pour éviter tout débat sur la refonte de la carte hospitalière. « Il s’agit pourtant de savoir quels territoires verront leurs hôpitaux déclassés, leurs maternités déménagées, leurs services d’urgence fermés, leurs plateaux techniques abandonnés. Or, pour les signataires de cette Tribune “ ce sujet ne peut échapper aux représentants du peuple et, plus largement, aux citoyens eux-mêmes ”. » 
« Ce projet de loi au rabais ne tient pas compte des attentes exprimées par les Français. » 
Le système de santé mérite d’être réformé. Tout le monde s’accorde sur ce diagnostic. L’augmentation des maladies chroniques (diabète, insuffisances cardiaques, Alzheimer etc.) et le vieillissement de la population nécessitent des adaptations. Mais certainement pas celles contenues dans le projet de loi. 
Pour répondre au besoin de professionnels, la ministre annonce la fin du numerus clausus. « Pourtant elle créée les conditions d’une nouvelle limitation du nombre des étudiants en médecine qui ne garantit en rien une augmentation du nombre de médecins formés d’ici dix ans », s’alarment 57 députés de Gauche dans une lettre ouverte publiée par le Journal du Dimanche. 
En effet, la formation de nouveaux praticiens est déterminée par les capacités d’accueil des universités et l’offre de stages des hôpitaux. Cela dépend des moyens financiers accordés à ces derniers et non du numerus clausus. Or, le budget reste identique. 
Tout n’a pas été tenté contre le développement des déserts médicaux (voir encadré). Alors que les acteurs de la santé et le Conseil Économique Social et Environnemental (CESE) réclament un conventionnement sélectif, la majorité ne semble écouter que les syndicats de médecins libéraux.
 
Article publié dans le Cap Finistère n°1265 du 5 avril 2019
 



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