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samedi 18 janvier
Contribution fédérale de Michel Loussouarn
Contribution fédérale de Michel LOUSSOUARN, délégué de la 8ème circonscription, membre du Conseil fédéral
 
Après 10 années d’opposition, le Parti Socialiste a retrouvé les allées du pouvoir. François Hollande installé à l’Elysée, doté d’une solide majorité parlementaire et s’appuyant sur la quasi-totalité des collectivités, l’enjeu du prochain Congrès se résume à la définition du rôle que devront jouer le Parti Socialiste et ses militants.
 
Ni courroie de transmission du gouvernement, ni contre-pouvoir, le parti doit trouver sa place dans un contexte institutionnel inédit sur fond d’une crise de légitimité de la démocratie représentative qui appelle l’invention de nouveaux processus décisionnels, davantage horizontaux que verticaux, participatifs plutôt que hiérarchiques.
 
Entre l’obligation de soutenir la majorité et celle de l’aiguillonner, aucun échelon du parti - qu’il soit local et national - ne peut s’exonérer d’un effort d’innovation. Avant de proposer, il faut tirer les leçons des actions conduites. Comme dans tout bilan, il convient de distinguer l’actif et le passif. Les expériences positives doivent être approfondies, les erreurs commises réparées.
 
Rénovation, renouvellement, parité, diversité, non-cumul, primaires… sont devenus les « mots magiques » qu’inclut dans ses discours tout responsable socialiste, comme les composantes d’une martingale gagnante.
 
Force est de constater à l’issue des dernières élections que la représentation des femmes dans les assemblées à progresser, qu’une nouvelle génération a pu accéder aux responsabilités, et que les Primaires citoyennes ont constitué un grand moment de respiration démocratique, ouvrant le parti sur la société civile. Pour autant, malgré ces progrès indéniables, ce processus de rénovation a été enfanté dans la douleur.
 
D’abord, en mobilisant beaucoup de notre énergie, il laisse l’impression que le parti s’est préoccupé davantage de considérations électorales que des aspirations de nos concitoyens. Les débats sur les aspects programmatiques se sont déroulés en périphérie du parti, dans des cénacles d’experts de type Terra Nova, ou bien chez les équipes d’intellectuels et de techniciens réunies autour de leurs personnes par les candidats aux Primaires. Alors qu’ils ont été fréquemment appelés à débattre de la rénovation, les militants n’ont été sollicités que pour ratifier le projet et très rarement pour participer à son élaboration. Finalement, tout s’est passé comme si face à la complexité des enjeux du monde présent, le parti sous-traitait l’essentiel des grands questionnements intellectuels pour se satisfaire de n’être qu’une efficace machine électorale.
 
Ensuite, le pouvoir des militants de choisir leurs représentants a été réduit au nom de principes sensés pourtant renforcer la démocratie. Après avoir abandonné le monopole des adhérents dans le choix du candidat à la fonction suprême, c’est au nom de la parité ou de l’union de la gauche que des circonscriptions ont été « réservées » sans concertation ni adhésion des militants. Notre fédération n’a pas échappé à ce travers. Il n’y a pas plus de légitimité dans le fait que quelques Parisiens décident qui peut être candidat dans une législative à Brest que dans celui que quelques Brestois tentent d’imposer la parité dans une cantonale à Rosporden.
 
L’essence démocratique du PS doit être garantie par le respect du droit des adhérents à l’expression individuelle et collective dans les grandes orientations comme dans les décisions qui les concernent directement. Les procédures d’investiture doivent respecter scrupuleusement les principes d’égalité des adhérents et de transparence afin que cesse le sentiment que la cooptation est la seule voie d’accès aux mandats. La fédération doit approfondir sa tradition de « décentralisation démocratique » et faire éclore les initiatives locales pour que chaque militant puisse se sentir acteur, et pas spectateur ou consommateur. La pluralité des courants d’opinion devra être préservée dans la composition des futures instances sur une base proportionnelle, qui, le cas échéant, tienne compte du choix des Français durant les Primaires, pour que chacun se sente à sa place au PS.
 
Sans prétendre à l’exhaustivité, je préconise que soient inscrites dans nos statuts fédéraux les 3 propositions suivantes afin de tendre vers ces objectifs :
 
1/ Une phase de concertation obligatoire avec les représentants locaux (délégués, secrétaires, élus) devra intervenir avant toute proposition des instances concernant les investitures fédérales et nationales afin que soient pris en considération les équilibres géographiques, les parcours des postulants et leur représentativité.
 
2/ La fédération devra tenir les réunions du Conseil fédéral de manière alternée dans le nord et le sud du département afin d’ouvrir au plus grand nombre ses débats et permettre l’expression de ceux qui en sont privés. En complément, pourront être utilement organisées de manière ponctuelle des réunions décentralisées du Bureau et du Conseil fédéral, dans les circonscriptions, pour dialoguer avec les représentants socialistes de ces territoires. De manière plus générale, la fédération devra veiller à l’équilibre géographique des événements qu’elle organise pour favoriser le militantisme de tous.
 
3/ Élus directement par les militants, acteurs nécessaires de la coordination et de l’animation, les délégués de circonscriptions sont un rouage important dans la vie de la fédération puisqu’ils sont les meilleurs connaisseurs des sections et des militants de leurs territoires. Parallélisme des formes oblige, les délégués siégeront de droit au Bureau fédéral (avec droit de vote), sur le modèle du collège des secrétaires de section du Conseil fédéral.
 
À Rosporden, le 31 août 2012