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jeudi 12 décembre
À la bretonne…
 
Pendant une semaine, des Bretonnes et des Bretons (élus, militants associatifs ou syndicaux, jeunes…) se sont retrouvés à Saint-Brieuc pour participer à des débats autour de la Breizh Cop.
 
Au départ, il y avait le SRADDT (Schéma Régional d’Aménagement et de Développement Durable du Territoire). « Nous devions répondre à une loi mais finalement nous allons le faire à la bretonne. Nous allons fixer nos propres règles, fidèles à notre esprit d’indépendance, à nos convictions en matière de différenciation et de subsidiarité », a indiqué Loïg Chesnais-Girard. 
Cependant, la Breizh Cop n’est pas qu’une réponse originale à une demande de l’État et le président du Conseil régional a, dans son discours de clôture de cette semaine d’échanges, rappelé la philosophie qui anime la majorité régionale. 
 
« Cette nouvelle voie ne passera que par le collectif, les pouvoirs horizontaux, les solidarités. »
 
Pourquoi le Conseil régional s’est-il lancé dans cette Breizh Cop alors qu’il aurait suffit de publier un document technocratique ? « Pas pour la comm’ mais pour construire », a expliqué le président, Loïg Chesnais-Girard. « Parce que nous vivons ensemble en Bretagne, en France, en Europe et dans le Monde une révolution. Et, fidèles à ce que nous sommes, nous ne voulons pas subir, nous ne voulons pas vivre l’avenir comme un cauchemar mais nous voulons saisir ces engagements, saisir ce moment historique pour l’Humanité pour renforcer la Bretagne. » 
La Bretagne n’est pas épargnée par le réchauffement climatique et l’érosion de la biodiversité. Le 2 juin fut la journée la plus chaude de France depuis 1947. 
« Et, dans un autre domaine, puisque nous parlons d’années historiques, de périodes particulières où on sent que tout peut basculer, le mouvement des gilets jaunes a été un coup de chaleur en plein hiver, en particulier dans le monde rural. » Pour Loïg Chesnais-Girard ce mouvement a été une expression des limites de notre organisation territoriale et économique : les zones commerciales d’un côté, la maison de l’autre, le travail a un autre endroit et la voiture au milieu. Cette voiture, symbole de la liberté est devenue un outil d’aliénation et un ennemi du pouvoir d’achat dès que le prix du gazole augmente. Et les récents événements dans le golfe persique risquent à court terme d’avoir des répercussions sur le prix du baril et donc sur la facture carburants des ménages. 
Or, notre Région fait face à un défi majeur : son organisation territoriale et économique a participé au développement économique de tous nos territoires ainsi qu’à la solidarité et à la cohésion mais aujourd’hui, il touche ses limites. Car il est un modèle très carboné et toujours très dépendant de l’énergie des autres.
Enfin, et les débats avec la jeunesse l’ont bien montré, cette révolution en cours est aussi démocratique. « L’activisme sur les réseaux sociaux obtient parfois de meilleurs résultats qu’une action syndicale ou politique classique », a souligné Loïg Chesnais-Girard. Un tweet, une vidéo sur Instagram peuvent donner l’impression d’avoir plus de pouvoir qu’un bulletin de vote. Qui aurait pensé que Donald Trump devienne président des USA ? Qui pourrait penser que Mark Zuckerberg puisse devenir le prochain président des USA ? Ces ruptures sautent aux yeux. Soit nous préférons regarder ailleurs et nous tentons de soutenir un modèle obsolète, soit nous ouvrons une nouvelle voie qui, pour notre Région, ne passera que par le collectif, les pouvoirs horizontaux, les solidarités. « Cette nouvelle voie n’est ni la décroissance, ni une course folle à la technologie sans limite nous menant directement au transhumanisme comme peuvent le rêver certains leaders de la Silicon Valley », a prévenu le président du Conseil régional. 
 
« Aujourd’hui, parce qu’il est très carboné, notre modèle touche ses limites. »
 
Le dynamisme du mouvement associatif en Bretagne permet d’emprunter cette voie. 
« Nous proposons de nous approprier le sujet écologique, d’en faire un levier d’innovation de renouvellement démocratique, de solidarité territoriale », a résumé Loïg Chesnais-Girard. « Il faut agir avec le sentiment de l’urgence tout en s’inscrivant dans le temps et le faire avec enthousiasme c’est le choix que nous faisons ensemble, élus de la République, mais c’est aussi le choix que les citoyennes et les citoyens nous demandent. C’est le choix que les entrepreneurs sont prêts à faire en inventant de nouveaux modèles économiques forcément décarbonés, forcément circulaires. Nous ne réussirons pas la transition sans économie, sans les entreprises, sans les partenaires sociaux, sans les salariés, cette transformation doit participer à la construction d’une nouvelle démocratie sociale. »
 
Article publié dans le Cap Finistère en°1274 du 21 juin 2019



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